Forcée de se manifester... en français

Krista Lalonde...

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Krista Lalonde

Louise Plante
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La candidate NPD dans Bas-Richelieu-Nicolet-Bécancour, Krista Lalonde, parle bel et bien un français acceptable même si on ne peut affirmer qu'elle le parle couramment et en comprend toutes les subtilités.

Informée hier que le candidat bloquiste, Louis Plamondon, affirmait qu'elle était unilingue anglaise et qu'il réclamait des excuses de Jack Layton, l'organisation du NPD a convaincu la jeune femme de rappeler Le Nouvelliste pour prouver sa maîtrise de la langue de Molière. Auparavant, il avait été tout à fait impossible de parler à la candidate.

«Bonjour, je veux confirmer que je parle français», a déclaré la jeune femme au quotidien régional.

C'est la seule entrevue qu'elle a accepté de donner aux médias hier. Les autres journalistes qui ont voulu lui parler ont été référés au Nouvelliste pour se faire confirmer que la candidate néo-démocrate parlait bel et bien français.

S'en est suivi une conversation sur le genre de campagne qu'a menée la candidate (qui a été tout simplement absente de Bas-Richelieu-Nicolet-Bécancour).

«J'ai un emploi à temps plein, a répondu Mme Lalonde un peu nerveuse. Je ne peux pas le quitter parce que j'ai besoin de payer mon loyer et les factures.»

Interrogée sur sa connaissance du comté, la jeune femme n'a pas caché qu'elle s'y était inscrite parce qu'il y avait une place disponible. Elle n'a pas nié habiter et travailler à Montréal (chez Computershare) tout en affirmant qu'elle avait tout de même voyagé au Québec, laissant ainsi entendre qu'elle connaissait un peu les régions.

Lorsqu'on insiste un peu pour savoir ce qu'elle sait du comté et de ses enjeux, elle répond (après avoir fait répéter la question) qu'une fois élue, elle va «travailler pour défendre les intérêts des gens de ce comté et pour créer des emplois pour les familles qui ont de la difficulté à joindre les deux bouts». Elle semble par ailleurs tout à fait consciente qu'il s'agit d'un comté fortement agricole.

Quand Le Nouvelliste lui fait remarquer que si elle est élue, elle devra manifestement faire «ses devoirs», la candidate qui semble un peu perdue, rappelle que sa langue maternelle est l'anglais, et répète dans un français un peu scolaire, «qu'elle est là pour l'équipe de Jack Layton et offrir une alternative aux gens».

Si elle est élue, Mme Lalonde confie qu'elle ne sait pas encore ce qu'elle fera et répète qu'elle défendra «les gens de Bas-Richelieu-Nicolet-Bécancour».

Une chose est certaine, lundi prochain, la candidate néo-démocrate sera au travail et attendra en soirée les résultats de l'élection à Montréal.

On peut conclure de cette courte entrevue téléphonique que le français de Mme Lalonde semble bien meilleur que celui de sa collègue de Berthier-Maskinongé, Ruth-Ellen Brosseau... mais qu'une petite immersion dans une famille de Bas-Richelieu-Nicolet-Bécancour ne lui ferait pas de mal.

Plus tôt dans la journée, lors d'un point de presse des candidats bloquistes, Louis Plamondon avait exigé des excuses de Jack Layton pour avoir permis qu'une candidate unilingue anglaise se présente dans un comté rural francophone. On avait dit à M. Plamondon que des collègues de Mme Lalonde prétendaient qu'elle ne parlait pas le français.

«Je demande des excuses parce que je ne vois pas qu'une personne parlant uniquement le français pourrait se présenter à Vancouver ou Toronto, ce ne serait pas acceptable parce que là-bas, la langue de communication, c'est l'anglais. Ici la langue officielle, c'est le français. Dans un comté majoritairement anglophone de l'est de Montréal, je ne ferais pas d'objection. Mais là, la coupe est pleine!» a lancé M. Plamondon, soutenu par son collègue de Berthier-Maskinongé, Guy André qui, lui, doit vraiment faire face à une candidate unilingue anglophone qui vient tout juste de revenir de vacances à Las Vegas, où elle a passé une bonne partie de la campagne.

Rejoint en fin de journée, M. Plamondon a admis que ses sources l'avaient mal informé et qu'il retirait donc ses paroles. Mais il maintient que le comté a droit à quelqu'un qui parle un bon français, qui fait campagne et qui se montre de temps en temps, ne serait-ce que les fins de semaine. Ce que n'a pas fait Mme Lalonde. «Il a fallu qu'on la pousse au pied du mur pour qu'elle parle, pourquoi? Je comprends qu'elle travaille mais bien d'autres candidats aussi. C'est clair qu'elle a accepté de n'être qu'un poteau», de conclure M. Plamondon.

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