David Sauvageau, qui travaille aujourd'hui comme infirmier au Centre-du-Québec, a en effet intenté une poursuite dans laquelle il reproche notamment à une employée «d'avoir manqué à ses devoirs professionnels lors de stages en milieu hospitalier et dans les évaluations qui en découlent».
De plus, le plaignant dénonce le non-respect des procédures dans l'évaluation d'une plainte et accuse le comité de révision de note d'avoir fait preuve de subjectivité dans sa démarche. «J'estime avoir été l'objet d'une discrimination et de harcèlement de la part de certains membres du personnel enseignant et je ne peux me résoudre à tourner la page sans dénoncer un système d'évaluation trop souvent arbitraire et aléatoire, auréolé d'une certaine loi du silence», martèle-t-il.
Inscrit au programme en soins infirmiers dès l'automne 2007, l'ex-étudiant a toujours obtenu des notes au-dessus de la moyenne du groupe jusqu'à la session d'hiver 2009, où les faits reprochés sont survenus.
C'est alors que se sont amorcés ses problèmes avec une superviseure de stage. À la suite de frictions entre l'employée en question et lui, il a été informé qu'il échouait son stage, le 15 mai 2009. Le plaignant a ensuite déposé une demande de révision de note ainsi qu'une plainte pour harcèlement, le 4 juin. Six jours plus tard, le comité de révision a tranché pour le maintien de l'échec. Quant à sa plainte pour harcèlement, elle a été jugée irrecevable.
Dans ses reproches, M. Sauvageau soutient que le comité de révision de note ne peut avoir pris une décision impartiale puisqu'il est composé de collègues de la superviseure visée. À ce sujet, le plaignant s'appuie sur le rapport annuel 2009-2010 du Protecteur du citoyen qui avait notamment souligné que «l'absence de recours impartiaux constitue une insatisfaction majeure qui, à des degrés et pour des motifs divers, se retrouve parmi les trois ordres d'enseignement (universitaire, collégial, ainsi que préscolaire, primaire et secondaire).
À la suite des événements reprochés, David Sauvageau est allé compléter ses études en soins infirmiers au Cégep de Sherbrooke, où il a obtenu son diplôme au printemps dernier.
«Je suis maintenant infirmier et j'en suis fier. Mais le chemin que j'ai dû parcourir pour y parvenir fut très ardu et m'a laissé un goût amer quant à la façon dont on encadre et évalue les étudiants lors de leur formation et, notamment, en milieu de stage», mentionne-t-il.
Ainsi, comme son cheminement scolaire a été retardé de deux ans à la suite de son échec du printemps 2009, M. Sauvageau réclame 80 697 $ en perte de revenus d'emploi, 5875 $ en frais additionnels pour terminer ses études, et 13 000 $ en dommages moraux, pour un total de 99 572 $.
À la direction du Cégep de Trois-Rivières, on a préféré ne pas commenter le dossier puisque le processus judiciaire est toujours en cours. «Il s'agit de prétentions non fondées et on compte bien en faire la démonstration devant le tribunal», s'est limitée à dire Isabelle Bourque, coordonnatrice des communications de l'établissement.