De décrocheur à médaillé du lieutenant-gouverneur

Fabien Lane-Simon est revenu de loin pour compléter...

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Fabien Lane-Simon est revenu de loin pour compléter son parcours au secondaire et décrocher la médaille de bronze pour la jeunesse du lieutenant-gouverneur.

 

Vincent Gauthier
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La réhabilitation chez les jeunes peut parfois mener vers de belles histoires de persévérance et Fabien Lane-Simon en est la preuve vivante. De décrocheur à l'âge de 14 ans, alors qu'il était en deuxième secondaire, il a dû traverser de nombreuses épreuves, dont diverses thérapies pour contrer sa consommation de drogues. Quatre ans plus tard, voilà qu'il vient de décrocher son diplôme d'études secondaires en plus de mériter la médaille du lieutenant-gouverneur pour la jeunesse.

Maintenant qu'il est âgé de 18 ans, Fabien a accepté de lever le voile sur son parcours qui pourrait servir d'exemple pour quiconque tente de replacer sa vie dans le droit chemin.

Il n'y a pourtant pas si longtemps, la possibilité de compléter son secondaire n'était qu'une illusion et ne faisait surtout pas partie de ses plans. Il s'est promené dans différents centres jeunesse à Trois-Rivières, Joliette et Drummondville au fil du temps. L'été dernier, après une nouvelle fugue d'un mois, il a décidé de se prendre en main.

«Depuis l'âge de 12 ans, ça allait pas mal tout le temps mal dans ma vie. Je voyais que j'allais avoir 18 ans et je ne voulais pas être dans la dope toute ma vie. Je me suis rendu compte que ce n'était pas vraiment une façon de vivre», explique le jeune homme qui s'est récemment fait tatouer le mot «persévérance» sur le bras.

Grâce à sa détermination et le support du Programme qualification des jeunes des Centres jeunesse, il est déménagé à Hawkesbury et a complété ses deux dernières années par le biais d'un cheminement intensif de janvier à mai dans un centre d'éducation aux adultes. Tout ça, en maintenant une moyenne au-dessus de 80 %!

Pour lui, il s'agit d'un véritable accomplissement lorsqu'on tient compte de son passé sur les bancs d'école et il en est bien conscient.

«J'ai doublé deux fois mon deuxième secondaire. Avant, je ne me forçais pas et je n'étais pas motivé. Je n'avais pas de bonnes notes. Puis là, mon but était fixe. Je voulais me rendre au cégep. À chaque matin, je me répétais mon objectif en me rendant à l'école. En me concentrant, je me suis rendu compte que ça se faisait bien. On ne peut pas tout avoir tout cuit dans le bec et il faut y aller un échelon à la fois».

Son intervenant, Denis Ouellet, n'hésite d'ailleurs pas à reconnaître l'ampleur du chemin parcouru. «C'est une belle réussite. Ça n'a pas toujours été facile pour lui. Il y a eu certaines fugues. Il avait tendance à faire des rechutes au niveau de sa consommation. Il est allé en thérapie. Ça n'arrive pas souvent qu'on voit une aussi grande progression au niveau scolaire», reconnaît celui qui est à l'emploi des Centres jeunesse de la Mauricie.

On comprend d'ailleurs rapidement que la complicité est mutuelle entre les deux. «Il a toujours cru en moi. Il m'a toujours accompagné à chaque fois que je rentrais au centre jeunesse. Il m'a beaucoup aidé», indique Fabien.

Par ailleurs, selon les normes du programme d'encadrement, M. Ouellet continuera d'assurer un suivi auprès de lui jusqu'à ce qu'il atteigne l'âge de 19 ans.

Une formation toute désignée

À l'automne, un tout nouveau défi s'offrira maintenant à Fabien alors qu'il fera le saut au collégial. Le programme qu'il a choisi est d'ailleurs fait sur mesure puisqu'il s'est inscrit en éducation spécialisée au Cégep de la Gaspésie et des Îles. «Ma compréhension sera un grand atout parce que je suis passé par là. J'ai côtoyé plein d'éducateurs alors j'ai vu différentes façons de faire», lance-t-il, excité à l'idée d'amorcer sa formation technique.

Pour lui donner un précieux coup de pouce, la Ville de Hawkesbury, le Programme d'aide à l'enfance et le lieutenant-gouverneur lui ont remis des bourses d'une valeur totale de 725 $.

Lorsqu'il jette un coup d'oeil à son parcours, Fabien ne peut s'empêcher de ressentir une immense fierté. «Je me suis surpris moi-même. Je ne le réalise pas vraiment pleinement encore. J'y vais au jour le jour et je ne regarde pas vraiment en arrière. Par contre, parfois j'y pense et je deviens euphorique!», dit-il, alors qu'il est en plein processus de déménagement vers sa nouvelle terre d'accueil de Gaspé.

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