Très festive, cette manifestation régionale a attiré autant des étudiants que des jeunes familles et des personnes âgées. Les manifestants ont fait résonner les casseroles du début jusqu'à la fin de la marche. Le cortège de deux cents personnes ne pouvait passer inaperçu.
Les manifestants ne lâchent pas même si le gouvernement libéral ne semble pas les entendre. «Ce n'est pas terminé du tout. On va tenir bon jusqu'à la fin, jusqu'à ce qu'on se fasse entendre», lance Julie-Anne Jalbert, étudiante au doctorat en psychologie à l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR). «Nous persévérons. Tant que l'on continue à nous ignorer, on va continuer à être dans la rue.»
La marche était autorisée et encadrée par les policiers de la Sécurité publique de Trois-Rivières.
Véronique Mercier était de la manifestation avec sa fille Lili Désilet. La fillette portait un costume de Superman et a fait résonner bruyamment sa casserole. «Je suis une mère qui va devoir payer les frais de scolarité de ma fille. C'est pour cette raison que nous marchons ensemble presque tous les soirs», lance Véronique Mercier. «Je veux aller à l'école moi et je ne veux pas que ça coûte beaucoup de sous. Mais, Jean Charest lui veut que ça coûte beaucoup de sous», ajoute sa fille. La plupart des terrasses du centre-ville étaient bondées samedi après-midi. Plusieurs personnes applaudissaient les manifestants lors de leur passage. L'équipe du Nouvelliste n'a pas été témoin, contrairement aux autres manifestations d'envergure qui ont eu lieu ces derniers mois à Trois-Rivières, d'insultes lancées aux manifestants. Plusieurs touristes de passage à Trois-Rivières prenaient aussi des photographies de la manifestation. L'esprit de la manifestation était très festif. Le concert de casseroles se mariait aux chansons d'artistes politisés comme Bob Dylan, Les Colocs ou Les Cowboys Fringants. Par ailleurs, Batman, la mascotte des manifestations trifluviennes, était une fois de plus de la partie. Une jeune fille, elle aussi déguisée en chauve-souris masquée, s'est jointe à lui.
Les instigateurs de la manifestation régionale se sont dits heureux de voir autant de personnes répondre à leur invitation samedi après-midi. «Nous étions une trentaine de personnes à avoir lancé l'idée d'une manifestation régionale, mais nous n'avions pas d'attente», souligne William Charbonneau, un des militants très actifs du mouvement étudiant trifluvien. «Il fait beau et c'est agréable de se réunir. On distribue des carrés rouges et c'est cool.»
La manifestation de samedi ne réunissait pas seulement des étudiants. Depuis l'adoption de la loi 78, le mouvement s'est élargi à l'ensemble de la population indignée par le gouvernement en place. Les participants revendiquaient aussi bien l'annulation de la hausse des droits de scolarité que l'abandon de la loi spéciale que la fermeture de la centrale nucléaire Gentilly-2. «Toutes les mesures qu'on nous impose tant au provincial qu'au fédéral nous appauvrissent davantage. La hausse des frais de scolarité a déclenché un conflit social. Je suis là en appui aux étudiants», affirme Lorraine Ducas.