Les négociations sont rompues

Le premier ministre Jean Charest et la ministre... (Photo: Le Soleil)

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Le premier ministre Jean Charest et la ministre de l'Éducation Michelle Courchesne ont annoncé hier que les négociations avec les étudiants étaient rompues.

Photo: Le Soleil

 

Martin Ouellet
La Presse Canadienne
Québec

Le gouvernement Charest a mis fin hier aux négociations avec les étudiants, laissant présager de graves perturbations dans les semaines à venir, notamment lors du Grand Prix de Formule 1 de Montréal.

«On va vous l'organiser votre Grand Prix!», a lancé un négociateur de la CLASSE, le regroupement étudiant le plus militant, insatisfait de l'offre soumise plus tôt par la ministre de l'Éducation Michelle Courchesne.

En conférence de presse en début de soirée, le premier ministre Jean Charest s'est dit déçu par l'échec des pourparlers mais a prévenu que son gouvernement ne reculera pas devant ceux «qui menacent les Québécois».

«Un gouvernement ne cède pas devant les menaces», a-t-il statué.

La porte à des négociations ultérieures reste ouverte, a ajouté le premier ministre. Cependant, à défaut d'une entente avec les leaders étudiants, ce sont les électeurs qui trancheront le débat sur les droits de scolarité au prochain scrutin.

«Si on peut en venir à une entente c'est tant mieux mais ultimement, il y aura une élection générale d'ici 18 mois. C'est dans un cadre démocratique que s'offre pour nous l'occasion de s'exprimer sur ces enjeux», a-t-il expliqué.

La ministre Courchesne a quitté la table des discussions peu après 16 heures hier, mettant un terme à quatre jours de pourparlers avec les associations étudiantes (FEUQ, FECQ, TACEQ et CLASSE) dans l'espoir de dénouer l'impasse qui perdure depuis plus de trois mois.

Le gouvernement offrait aux étudiants de réduire à 100 $ la hausse des droits de scolarité, la première année, grâce à une réduction partielle du crédit d'impôt sur les frais de scolarité ou d'examen. Un montant annuel supplémentaire de 254 $ aurait été exigé pour les six années subséquentes, pour un total de 1624 $.

À cette proposition, Québec ajoutait la tenue d'un «forum» présidé par le premier ministre et réunissant les parties intéressées pour discuter de la gestion et du financement des universités.

De l'autre côté de la table, les associations étudiantes proposaient un gel des droits de scolarité pendant deux ans, par le biais de ponctions fiscales.

Le fossé était trop large, a estimé la ministre Courchesne, soulevant des doutes sur la volonté des étudiants de trouver une solution acceptable pour les deuxparties.

«Force est de constater que ces derniers refusent d'assumer toute hausse des frais de scolarité. Il n'a pas été possible de parvenir à un règlement à coût nul pour les contribuables et cela n'a pas été possible parce que cette notion de gel était pour eux non négociable. C'était le gel, le moratoire, ou rien», a-t-elle argué.

M. Charest, qui accompagnait sa ministre en point de presse, a tiré un trait sur les négociations en souhaitant une «accalmie» pour la suite des choses.

«On a fait des efforts très importants et nous constatons que c'est une impasse. Nous espérons que dans les prochaines semaines ce sera une période d'accalmie qui permettra à chacun de réfléchir», a-t-il dit.

Mais pour les leaders étudiants, la décision du gouvernement de tourner le dos aux négociations aura pour effet de détériorer encore davantage le climat social.

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