«Rien ne laissait présager après les discussions d'hier un tel coup d'éclat», a exprimé le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Léo Bureau-Blouin, tenant à saluer l'«engagement politique» durant une quinzaine d'années de Mme Beauchamp.
Il n'a toutefois pas apprécié que la ministre démissionnaire impute la faute de l'impasse actuelle aux leaders étudiants. «Une part importante revient à la rigidité du gouvernement sur le problème principal des droits de scolarité. Je crois que Mme Beauchamp n'avait pas une marge de manoeuvre suffisante du cabinet du premier ministre», a-t-il fait valoir.
M. Bureau-Blouin a accueilli «positivement» la nomination à l'Éducation de l'actuelle présidente du Conseil du trésor, Michelle Courchesne. Il a dit espérer que la «ministre d'expérience» puisse avoir, contrairement à sa prédécesseure, toutes les «cartes en mains» pour agir en «pompier plutôt qu'en pyromane».
La présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), Martine Desjardins, a rejeté tout reproche de manque de compromis de la part des étudiants, dans le contexte de la démission de la ministre Beauchamp.
«Je pense qu'on a déjà démontré après les 22 heures de blitz de négociation (au début du mois), qu'on était prêt à faire des compromis. D'ailleurs, on avait une offre qui ne traitait pas de la question des droits de scolarité, mais bien de la question des frais institutionnels obligatoires», a-t-elle affirmé, pour démontrer la bonne volonté des représentants étudiants.
Elle s'est dite par ailleurs étonnée que la ministre ait choisi de quitter la vie politique. «On a été très surpris d'apprendre sa démission, parce que ce matin, on avait encore des discussions, on cherchait encore une façon de sortir de la crise. C'est une surprise très importante», a-t-elle déclaré.
Le mouvement étudiant ne lutte pas contre «des individus», mais plutôt contre la hausse des droits de scolarité, a commenté la coporte-parole de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), Jeanne Reynolds.
«Mme Courchesne fera face aux mêmes problèmes et devra trouver des solutions. Elle devra accepter de discuter sur la base de la hausse des droits de scolarité», a-t-elle affirmé.
La Table de concertation étudiante du Québec (TaCEQ), quatrième association présente au marathon de négociations qui avait mené à une «entente de principe» au début du mai, a fait connaître sa surprise et sa déception.
«Ce nouveau détournement du débat sur les frais de scolarité retarde la possibilité d'une sortie de crise», a indiqué par communiqué le regroupement, tout en appelant Mme Courchesne à «aborder de front» la question principale de la hausse des droits de scolarité.
Le président de la Fédération des cégeps, Jean Beauchesne, a dit espérer qu'un tel changement d'acteur puisse être un «catalyseur» pour une sortie de crise. «La situation est critique, déjà 11 sessions d'été ont été annulées. Tout ce qui peut amener un renouveau est bienvenu», a-t-il exprimé.
M. Beauchesne a ajouté que la voie d'un moratoire sur la hausse des droits de scolarité «mérite d'être explorée».
La Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ) a tenu à saluer la «contribution importante» de Line Beauchamp aux orientations sur l'avenir des universités québécoises.
«Mme Beauchamp a exprimé de façon constante et sincère sa conviction qu'il fallait renforcer le réseau universitaire québécois, de manière à ce qu'il puisse continuer d'apporter sa pleine contribution au développement de notre société», a argué l'organisation dans un communiqué.
La CREPUQ a de nouveau dit croire que le plan de financement des universités proposé par le gouvernement «permettra de procéder au refinancement nécessaire du système, tout en s'assurant que toute personne qui en a le désir et les capacités puisse accéder à l'université».
La CREPUQ, qui regroupe les 18 établissements universitaires du Québec, a offert son «entière collaboration» à Mme Courchesne.