Périlleux coup d'éclat des étudiants

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Des étudiants ont mis une banderole contre la hausse des droits de scolarité sur le pont ferroviaire enjambant la rivière Saint-Maurice.

 

Vincent Gauthier
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Des étudiants du Cégep de Trois-Rivières ont réalisé un véritable coup d'éclat, dans la nuit de mercredi à hier, alors qu'ils ont affiché une énorme banderole au sommet du pont ferroviaire qui enjambe la rivière Saint-Maurice, afin de dénoncer la hausse des droits de scolarité imposée par le gouvernement Charest.

La compagnie ferroviaire Québec-Gatineau Railway a dû faire... (Photo: François Gervais) - image 1.0

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La compagnie ferroviaire Québec-Gatineau Railway a dû faire appel à une firme spécialisée qui a finalement retiré l'affiche de la structure, en fin d'après-midi.

Photo: François Gervais

Tout au long de la journée, l'affiche sur laquelle on pouvait lire «Non à la hausse» accompagné d'un gros carré rouge, a été vue par des milliers de personnes avant de finalement être retirée en toute fin d'après-midi.

À l'Association générale des étudiants du Cégep de Trois-Rivières (AGECTR), le secrétaire-général Julien Bayard ne se cachait pas pour dire que le coup d'éclat était l'oeuvre des quelques-uns de ses membres. Toutefois, il dénonçait le caractère dangereux de cette manoeuvre de visibilité extrême.

«Je pense qu'ils ont réussi leur coup, même si je n'étais pas vraiment d'accord pour qu'ils le fassent. Une fois que c'est fait, c'est réussi, car en posant une telle affiche, tu veux qu'elle reste en vue le plus longtemps possible et qu'on en parle dans les médias. C'est ce qui s'est produit», explique le secrétaire-général de l'AGECTR.

Selon lui, certains membres plus radicaux de l'AGECTR planifiaient déjà depuis un bon moment de poser des banderoles à certains endroits stratégique de Trois-Rivières. Cependant, il indique qu'il avait suggéré à ces personnes de choisir une autre cible que le pont ferroviaire de la compagnie Québec-Gatineau Railway.

«J'avais trouvé ça excessivement dangereux comme idée et je ne voulais pas que quelqu'un se blesse. Le but, c'est que les gens parlent de la hausse et non pas de se tuer sur un pont. Mais on ne peut pas contrôler ce qu'ils font non plus», explique-t-il.

«S'il était arrivé quelque chose, ça aurait été extrêmement mauvais pour l'étudiant, mais aussi pour la cause», ajoute M. Bayard, dont l'Association étudiante s'était prononcée à 53 % contre le déclenchement d'une grève, au début du mois de mars.

«Illégal et dangereux»

Du côté de la compagnie Québec-Gatineau Railway, on ne la trouvait pas bien drôle, même si on convenait que cette action donnait une grande visibilité au mouvement étudiant.

«C'est un beau coup de leur part, a d'abord lancé le président Mario Brault. Mais c'est déplorable, car il s'agit d'un geste illégal et surtout très dangereux. Je ne juge pas la cause, mais c'est un manque de jugement de la part de ceux qui ont fait ça». La compagnie ferroviaire, qui a dû débourser quelques milliers de dollars pour retirer la banderole de la structure, entend d'ailleurs déposer une plainte à la Sécurité publique de Trois-Rivières pour méfait.

Quant à savoir si d'autres coups d'éclats sont prévus par l'aile plus radicale des membres du Cégep de Trois-Rivières contre la hausse des droits de scolarité, le secrétaire-général soutient ne pas en avoir la moindre idée pour l'instant. «Avant, on était au courant de tout ce qu'ils voulaient faire, mais plus le mouvement se radicalise à Montréal et dans les régions, moins nous sommes informés de ce qui va se passer», souligne-t-il.

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