Grève étudiante: des centaines de personnes dans les rues à Trois-Rivières

Plusieurs personnes ont manifesté hier à Trois-Rivières contre... (Photo: Émilie O'Connor)

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Plusieurs personnes ont manifesté hier à Trois-Rivières contre la hausse des droits de scolarité.

Photo: Émilie O'Connor

 

Gabriel Delisle
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le mouvement de grève étudiante ne s'essouffle pas à Trois-Rivières. Ils sont maintenant 1879 étudiants à l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) à braver le gouvernement Charest. Hier, au moins 400 personnes, selon l'estimation des policiers, étaient dans les rues de Trois-Rivières pour dénoncer la hausse des droits de scolarité.

Partant du terrain de l'Expo, les manifestants ont marché jusqu'au centre-ville où de nombreuses personnes profitaient du chaud soleil sur les terrasses. La manifestation s'est terminée dans le calme au parc Champlain.

Par ailleurs, les étudiants aux cycles supérieurs en loisir, culture et tourisme ont reconduit à 58 % la grève illimitée. La position de l'association doit être reconduite tous les deux vendredis ou à la suite de négociations entre le gouvernement et les regroupements étudiants. Ceci porte donc à 1879 le nombre de grévistes à l'UQTR.

Hugo Mailhot-Couture, le président de l'Association générale des étudiants de l'Université du Québec à Trois-Rivières (AGÉUQTR), ne croit pas en l'essoufflement du mouvement de débrayage. «Depuis les dernières semaines, le nombre d'étudiants en grève à l'UQTR n'a pas cessé d'augmenter», lance-t-il. «Nous ne voyons absolument pas d'essoufflement. Il y aura peut-être une pause avec l'été, mais le mouvement va reprendre de plus belle à l'automne.»

Même si les étudiants poursuivent la grève, l'impasse persiste au Québec. «La seule solution pour dénouer cette impasse actuelle est que la ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport, Line Beauchamp, rencontre les étudiants», affirmait hier en début d'après-midi Hugo Mailhot-Couture avant que la ministre Line Beauchamp annonce la création d'un comité qui étudiera le financement des universités. «Dans les endroits où la grève dure depuis sept ou huit semaines où les étudiants se butent à l'intransigeance du gouvernement, c'est sûr que c'est plus difficile et que les esprits d'échauffent.»

La manifestation s'est arrêtéedevant le bureau de la députée libérale Danielle Saint-Amand. Les manifestants voulaient lancer un message clair aux libéraux. À ce titre, des membres de l'AGÉ UQTR ont rencontré dernièrement la députée afin de lui faire valoir leurs revendications. «Nous souhaitons que les autres députés libéraux fassent preuve d'autant d'ouverture», estime Hugo Mailhot-Couture.

Le militant de longue date Sébastien Bois, très actif ces temps-ci comme porte-parole du groupe Sortons le Québec du nucléaire, a participé à de nombreuses manifestations dans la région. Il estime que la participation à celle d'hier était remarquable. «C'est exceptionnel. Je ne me souviens pas avoir vu autant de manifestants ici bénévolement (comme les syndicats) lors d'une marche à Trois-Rivières», dit-il.

La manifestation était très festive et colorée. De nombreuses familles étaient sur place avec les enfants de même que des parents d'étudiants, des enseignants, des professeurs et des représentants syndicaux. Des étudiants s'étaient déguisés et des clowns ainsi que des échassiers se sont joints à la marche.

En plus des étudiants, l'AGÉ UQTR espérait mobiliser des familles, des parents d'étudiants et des citoyens sensibilisés à leur cause. «Nous avons des gens de tous les âges et de toutes origines sociales ici avec nous. Nous sommes vraiment satisfaits», souligne le président de l'AGÉUQTR, Hugo Mailhot-Couture.

«Nous voulons aujourd'hui sensibiliser la population à nos enjeux et faire comprendre que l'éducation est un droit et qu'il faut se battre pour préserver les acquis sociaux», disait hier Hugo Mailhot-Couture en ajoutant que la manifestation citoyenne d'hier démontrait au gouvernement qu'il n'y a pas que les étudiants qui sont prêts à descendre dans la rue.

Parmi les manifestants, on retrouvait quelques syndicalistes de la CSN et de la FTQ venus appuyer les étudiants. «Il faut éviter que l'éducation devienne exclusive aux familles riches», dénonce le vice-président des TCA-Québec de la Mauricie, Jonathan Proteau.

Denise Frigon a deux enfants à l'université. Elle tenait à être présente à la manifestation d'hier. «C'est révoltant de demander de telles augmentations aux étudiants. C'est indécent que la ministre Beauchamp n'accepte pas de rencontrer les étudiants.»

Des manifestants étaient même venus de La Tuque pour participer à la manifestation d'hier. «Les jeunes des régions ont des frais bien plus élevés, car ils sont obligés de quitter leur famille pour vivre en appartement. Ma fille va sortir de l'université avec 25 000 $ de dette. C'est énorme en commençant dans la vie», explique la Latuquoise Nicole Audy. «La hausse défavorise surtout les familles des régions. Le dégel a déjà eu lieu.»

La Sécurité publique de Trois-Rivières ne rapporte aucune arrestation ni aucun constat d'infraction.

En grève

Loisir, culture et tourisme (cycles supérieurs) 43

Études québécoises 43

Philosophie 60

Pratique Sage-Femme 84

Doctorat en psychologie 273

Bacc en psychologie 491

Psychoéducation 468

Géographie 48

Arts 159

Histoire 78

Biologie-écologie 132

11 associations en grève: 1879 étudiantes et étudiants

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