La MFR optimiste quant à son avenir

En septembre passé, la ministre Line Beauchamp avait... (Photo: Archives, Krystine Buisson)

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En septembre passé, la ministre Line Beauchamp avait visité les élèves de la Maison familiale rurale de la MRC de Maskinongé.

Photo: Archives, Krystine Buisson

Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Saint-Alexis-des-Monts) La Maison familiale rurale de la MRC de Maskinongé s'attend à poursuivre ses activités en vue de l'année scolaire 2012-2013 même si le financement nécessaire à son fonctionnement n'a pas été officialisé.

Autant la direction de la MFR que celle de la Commission scolaire de l'Énergie font preuve d'optimisme quant au financement futur de ce service. Mais personne ne peut garantir actuellement que les sommes seront disponibles. On attend une réponse de la ministre Line Beauchamp en lien avec le financement des MFR du Québec. Actuellement, il en coûte 300 000 $ par année pour assurer les activités scolaires de la MFR de la MRC de Maskinongé, située à Saint-Alexis-des-Monts.

«La ministre avait demandé une étude sur le fonctionnement de chaque MFR. Elle a reçu l'étude il y a trois semaines. C'est avec ça qu'elle va déterminer s'il y a des budgets réservés pour les MFR. Mais il n'est pas question de fermeture jusqu'à maintenant. Il n'y a aucun son de cloche négatif», observe Diane Bédard, directrice générale de la MFR.

Mme Bédard estime que la situation est aux antipodes de ce qui s'est passé il y a près d'un an. Devant composer avec des compressions gouvernementales, la Commission scolaire de l'Énergie avait alors annoncé des suppressions budgétaires qui entraînaient la fin du financement pour la MFR et la réduction des deux tiers du montant accordé au Centre d'apprentissage et de formation en entrepreneuriat (CAFE) de Shawinigan. Le financement du CAFE atteint 300 000 $ par année.

Cette coupe budgétaire avait soulevé un fort vent d'opposition au sein de la région. La décision avait finalement été renversée au début du mois de juin, alors que la commission scolaire avait pris un arrangement spécial avec le ministère de l'Éducation concernant l'utilisation de ses surplus. Cet arrangement avait permis de dégager les sommes requises pour le maintien de ces deux services.

«Si on avait eu à vivre ce qu'on a vécu l'année dernière, on le saurait, croit Diane Bédard, On a une très belle collaboration de la part de la commission scolaire, on nous aide pour le recrutement dans les écoles. On ne s'attend pas à des coupes de service dans la MFR.»

La Commission scolaire de l'Énergie a fourni à la MFR les adresses de ses élèves de deuxième secondaire et de troisième secondaire. Avec ces informations, la MFR a pu faire une offensive de promotion directement auprès des parents en envoyant une lettre contenant les services offerts par cette école.

«L'objectif n'est pas de couper les services, mais on n'a pas de garantie pour poursuivre les activités. Il faut fonctionner avec les budgets alloués. Ces choix locaux sont coûteux, compte tenu du faible nombre d'élèves, et c'est en surplus du service de base», déclare pour sa part Renée Jobin, agente de communication à la CS de l'Énergie.

Selon la porte-parole de la commission scolaire, les compressions budgétaires annoncées il y a un an n'ont pas été faites de gaieté de coeur.

«Ce sont des options locales qu'on tient à bout de bras pour notre clientèle qui souhaite apprendre autrement, souligne Mme Jobin. Mais ça prend les budgets nécessaires pour fonctionner. On ne trouve pas des MFR dans beaucoup de commissions scolaires au Québec. La ministre s'est engagée à prendre position pour le financement qui est rattaché à ce service. La volonté de la commission scolaire est de maintenir la MFR pour l'an prochain. On reste optimiste.»

Au ministère de l'Éducation, on n'a pu donner de précision concernant l'étude commandée sur les MFR. Toutefois, l'approche ministérielle à propos de l'offre de services demeure la même qu'en 2011.

«Si des efforts sont demandés dans les prochains budgets, on va demander à ce que les services ne soient pas coupés», raconte Esther Chouinard, du service des relations de presse du ministère de l'Éducation.

Cette décision attendue de la part de la ministre Beauchamp n'a aucun lien avec le dossier du CAFE. Ce service est financé à même le budget de fonctionnement de la CS de l'Énergie. La décision de conserver ce service sera prise lorsque la direction de la commission connaîtra les budgets qui lui seront accordés pour 2012-2013.

Le recrutement, nerf de la guerre

Six ans après l'ouverture de la Maison familiale rurale de la MRC de Maskinongé, le recrutement d'élèves demeure un élément vital dans le succès de cette école alternative.

Si la Commission scolaire de l'Énergie s'occupe de défrayer les 300 000 $ reliés aux services éducatifs, la MFR se charge des coûts associés à la vie en résidence. Avec un budget de fonctionnement d'environ 150 000 $, la MFR a besoin d'avoir plus de 30 élèves pour afficher une bonne mine financière.

Les frais de scolarité sont de 3930 $ par année pour chaque élève de la MFR. Ces frais couvrent les dépenses reliées à son hébergement en résidence et à ses repas. Différents programmes gouvernementaux peuvent aider les étudiants au niveau financier.

Quand la MFR doit composer avec 22 élèves, comme c'est le cas pour la présente année, le respect du budget est un exercice difficile. Le manque à gagner doit être comblé par différentes activités de financement et par l'apport de dons et de subventions.

«La saga de l'année passée n'a pas aidé pour les inscriptions, se souvient Diane Bédard, directrice générale de la MFR. On était en pleine période de recrutement. On ne savait pas si on allait être ouvert. Mais pour 2012-2013, on vise entre 30 et 40 élèves. L'important pour nous, c'est le nombre d'élèves. C'est ce qui donne notre fonds de roulement pour la résidence.»

La MFR a lancé ses activités en 2006-2007 avec 13 élèves. Ce nombre a grimpé jusqu'à 37 en 2009-2010 pour diminuer légèrement à 34 en 2010-2011.

Pour parvenir à augmenter le nombre d'élèves, la MFR est constamment à la recherche de nouveaux programmes. L'an prochain, deux nouvelles formations feront leur apparition: la production animale ainsi que la conduite de machinerie lourde en voirie forestière jumelée à l'abattage manuel et le débardage forestier.

La protection et l'exploitation de territoires fauniques et le secrétariat sont les deux autres programmes qui demeurent à l'offre éducative de la MFR.

«On a déjà 13 inscriptions qui sont entrées. Et on tient nos journées porte ouverte. C'est encore une bonne formule», ajoute Mme Bédard, en parlant de ces deux journées spéciales qui auront lieu le 13  avril, de midi à 17 h, et le 14 avril, de 10 h à 14 h.

Les jeunes pourront constater de visu les installations de la MFR lors de ces deux journées. Ils auront aussi l'occasion d'échanger avec le personnel afin de connaître la réalité d'une école alternative permettant l'obtention d'un diplôme d'études secondaires et d'un diplôme d'études professionnelles.

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