La Coop fédérée va fermer son centre de distribution à Trois-Rivières

Les employés de la Coop fédérée ont rencontré... (Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Les employés de la Coop fédérée ont rencontré le chef de la direction, Claude Lafleur, vendredi matin.

Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La Coop fédérée a finalement décidé de fermer son centre de distribution quincaillerie et matériaux du boulevard Saint-Joseph, à Trois-Rivières. Le chef de la direction, Claude Lafleur, a annoncé aux 236 employés, vendredi matin, que la fermeture se fera progressivement sur une période de 12 à 15 mois.

À la sortie de la rencontre, vers 10 h, les employés étaient sous le choc, car bien que la menace d'une fermeture ait été dans l'air depuis un certain temps, l'employeur avait laissé entendre que plusieurs autres scénarios étaient aussi envisagés.

Selon Claude Lafleur, la fermeture était nécessaire parce que «le centre de distribution, sans investissements massifs, on n'est pas capable de le récupérer», dit-il. L'entrepôt avait presque 50 ans. «Il ne répond pas aux normes. Il aurait fallu investir des millions de dollars pour être capable de l'utiliser», plaide-t-il.

M. Lafeur ajoute que la tendance lourde est de positionner les centres de distribution dans la région de Montréal. «Sobeys a fait ça, Provigo va le faire, Saputo l'a fait aussi», illustre-t-il. «Puisqu'on avait des entrepôts de BMR qui sont disponibles, le choix économique était évident», ajoute-t-il. Trois-Rivières ferme donc au profit de Boucherville.

M. Lafleur indique que le secteur de la quincaillerie est difficile. «On a perdu 4 % de marché, l'an passé», dit-il.

Luc Deschênes, conseiller syndical chez Unifor, le syndicat qui représente les 236 employés de Trois-Rivières, a tout de suite pointé le Fonds de solidarité FTQ qui a investi 50 millions $, en 2012, dans la Coop, rappelle-t-il. «Et ils viennent d'investir 25 autres millions $ en décembre 2013», renchérit-il. «On veut que la Coop révise sa décision», demande M. Deschênes, à défaut que quoi, le syndicat demande qu'elle «ait au moins la décence de rembourser le Fonds de solidarité. Ce n'est pas vrai qu'on va financer des entreprises pour perdre nos emplois», fulmine-t-il.

«Les gens de la Coop ont cotisé au Fonds de solidarité. L'employeur prend l'argent et ferme le centre de distribution. C'est inconcevable», résume le conseiller syndical.

«Aujourd'hui, ce qu'on nous annonce, c'est une coopérative qui, avec l'aide de deux fonds de travailleurs et d'un financement capital Desjardins, vient fermer un centre de distribution. C'est le monde à l'envers», déplore M. Deschênes.

Claude Lafleur réplique que la FTQ n'a pas investi que pour le volet quincaillerie. «C'était pour l'ensemble de nos opérations», affirme-t-il.

Le syndicat est évidemment déçu puisqu'aucune concession n'a été demandée aux employés avant d'en arriver à poser un geste aussi radical.

Le président du syndicat, André Dufresne, qui a 28 ans d'ancienneté, a lancé un appel, vendredi, à tous les magasins Unimat «de nous supporter. Je veux garder l'entrepôt ouvert», dit-il. «Je vous jure que je vais travailler fort.»

Le Nouvelliste a eu l'occasion de discuter avec quelques employés de la Coop fédérée, vendredi, à la sortie de leur rencontre avec le chef de la direction. Certains ont mentionné qu'ils devront quitter la région pour trouver du travail. «Je m'en vais à Fermont» pour travailler dans les mines, raconte Robert Légaré qui profitera de 16 semaines de prime de départ après 25 ans au sein de la Coop.

Michel Girard, 63 ans, qui a 25 ans d'ancienneté, a eu une pensée, vendredi, pour ses collègues plus jeunes qui viennent de s'acheter une maison ou qui viennent d'avoir des enfants.

«Ça fait un an que la Coop dit qu'elle achète BMR et là, c'est BMR qui prend possession de nos jobs. La moyenne d'ancienneté ici est de 25 ou 26 ans. Essayez de vous replacer à cet âge-là à Trois-Rivières...», dit-il. «Et ce sont tous des salaires de 22 $ de l'heure minimum, avec un secondaire 5», précise-t-il, visiblement affecté par la situation.

Éric Lévesque, lui, perd son emploi et doit rembourser la modique somme de 31 000 $ pour des travaux exécutés sur sa maison à cause de la pyrrhotite. Plusieurs collègues sont dans la même situation que lui, dit-il. En frais de succession de coups durs, on peut difficilement trouver pire.

Le président du syndicat, André Dufresne, était choqué de n'apprendre la nouvelle officiellement que vendredi matin. «Même les directeurs n'ont su que ce matin (vendredi) qu'ils n'avaient plus de job», déplore-t-il.

«Il n'y a pourtant jamais eu de conflit à Trois-Rivières, ni de moyens de pression», a tenu à souligner le vice-président du syndicat, Luc Normandin.

La Coop indique qu'elle entend soutenir les employés mis à pied par des transferts vers la retraite, par des primes de départ ou par le biais de programmes de reclassement au sein de la Coop ou vers d'autres «organisations qui nous sont fidèles», indique Claude Lafleur.

«On est dans une économie de marché, même si l'on est une coopérative, même si l'on ne vise pas le profit à long terme», fait valoir Claude Lafleur. Trois-Rivières est la seule section de la Coop à faire l'objet de mises à pied, assure le chef de la direction.

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