Rio Tinto Alcan à Shawinigan: des signaux qui sèment l'inquiétude

Rio Tinto Alcan fait face à d'importants défis... (Photo archives)

Agrandir

Rio Tinto Alcan fait face à d'importants défis en raison d'un marché mondial déprimé. Shawinigan, comme les autres usines du groupe, doit trouver des façons de réaliser des économies.

Photo archives

Partager

Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Comme si l'échéance d'exploitation du 31 décembre 2014 n'était pas déjà assez préoccupante à l'aluminerie de Shawinigan, le marché déprimé, les nouvelles mesures de restriction et les mises en garde du nouveau président et chef de la direction de Rio Tinto Alcan Métal sèment l'inquiétude à l'usine du boulevard Saint-Sacrement.

Les employés observent des signes qui ne mentent pas. Des sous-traitants voient leurs nombres d'heures et d'employés réduits et à l'interne, la direction demande des économies évaluées à un million de dollars par mois. Par contre, aucun ralentissement de production n'a encore été observé.

Claudine Gagnon, conseillère principale aux relations avec les médias chez Rio Tinto Alcan, ne veut pas confirmer la nature des mesures qui sont prises spécifiquement dans chaque usine du groupe. Mais elle reconnaît qu'à Shawinigan comme ailleurs, des vents de face se sont levés.

«Le marché n'est pas facile, en plus du taux de change et du coût des matières premières», énumère-t-elle. «Toutes nos usines doivent travailler sur des réductions de coûts.»

«Shawinigan ne fait pas exception», ajoute la porte-parole. «C'est une usine en fin de vie utile, une vieille technologie. Les défis sont donc importants. La pression est forte.»

Entre la mi-février et la mi-avril, le prix de la tonne d'aluminium s'est affaissé de 14 % avant de remonter à près de 1900 $ au cours des derniers jours. Les inventaires mondiaux frôlent les 5,2 millions de tonnes, un niveau qui décourage les projets d'expansion, reconnaissait cette semaine Arnaud Soirat, nouveau président et chef de la direction de Rio Tinto Alcan Métal à La Presse Affaires.

À Shawinigan, on en vient à se demander si les mesures d'économies imposées à l'interne répondent à un environnement mondial défavorable ou à une volonté de devancer l'arrêt d'exploitation des cuves Söderberg.

«Actuellement, dans nos usines, on voit des restrictions budgétaires partout», observe Louis-Gérard Dallaire, président du Syndicat des travailleurs de l'aluminerie Alcan (CSN). «J'arrive d'Alma et on leur demande des coupures, les projets sont au ralenti. On a vécu ça en 2009, mais on dirait qu'ils serrent la vis un quart de tour de plus.»

«En début d'année, il y avait déjà un mot d'ordre de récupérer des millions $», poursuit-il. «Récemment, on nous a demandé de réduire encore plus. Il faut couper dans les coupures!»

Avec l'échéancier du 31 décembre 2014 qui s'approche, M. Dallaire convient que le contexte mondial actuel devient particulièrement lourd à porter.

«Ce serait facile de faire des liens en disant qu'ils veulent devancer la fermeture, mais la sauce est pareille partout», rappelle le représentant syndical.

Cette semaine, M. Dallaire a interpellé la direction locale sur les commentaires émis par M. Soirat. Notamment en ce qui concerne les «décisions douloureuses» à venir et le fait que les usines canadiennes ont été «relativement épargnées» jusqu'à maintenant. La fin de l'exploitation de l'aluminerie de Shawinigan pourrait-elle arriver plus tôt que prévu?

«On ne sait pas trop ce que ça veut dire», note M. Dallaire. «Ce discours n'est pas très motivant. C'est plutôt inquiétant. Mais ce n'est pas la première crise qu'on passe.»

Tout en s'en tenant à la date convenue, Mme Gagnon ne ferme pas complètement la porte à une fermeture prématurée.

«On parle encore, au plus tard, du 31 décembre 2014», affirme-t-elle. «Mais nous évaluons nos actifs en continu, en fonction du marché.»

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

publicité

la boite:1609999:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer