Fort recul de l'emploi à Shawinigan

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Les données recueillies par Statistique Canada indiquent un fort recul du marché de l'emploi à Shawinigan en 2012.

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Les résultats annuels de l'enquête sur la population active de Statistique Canada réservaient toute une surprise pour Shawinigan. Selon l'agence fédérale, les données recueillies sur le marché du travail indiquent un fort recul en 2012, un constat qui s'explique difficilement sur le terrain.

En 2010 et 2011, Shawinigan avait pourtant repris du tonus dans cette enquête annuelle. Le séisme provoqué par la fermeture de la Belgo s'estompait lentement, entraînant ainsi une baisse progressive du taux de chômage.

Mais voilà qu'en 2012, le ciel tombe sur la tête de Shawinigan. Statistique Canada estime que 3000 emplois ont été perdus au cours de la dernière année, une énormité qui laisse dubitatifs les décideurs locaux.

Bien sûr, personne n'a oublié les 111 emplois perdus à la papeterie Laurentide ou la faillite de Doral, qui a entraîné la mise à pied d'une cinquantaine de travailleurs. Mais au-delà de ces mauvaises nouvelles, difficile d'identifier d'autres vagues de mises à pied qui pourraient expliquer cette saignée. Concrètement, Shawinigan aurait perdu 13 % de sa main-d'oeuvre au cours de la dernière année!

Vincent Ferrao, analyste à la division statistique du marché du travail à l'agence fédérale, fait remarquer que dans les communautés peu populeuses, les moindres variations en nombres absolus provoquent d'importants changements dans les principaux indicateurs du marché du travail.

«Ce sont de petits mouvements, mais ça fait beaucoup augmenter le taux de chômage», reconnaît-il. «En 2009 aussi, le nombre d'emplois était descendu autour de 20 000 à Shawinigan. Ça s'était remplacé par la suite.»

Le portrait présenté par Statistique Canada ne peut même pas s'expliquer par une soudaine poussée du nombre de retraités à Shawinigan, puisque la population inactive est demeurée stable. En 2012, les principaux indices ont été bousculés par une forte hausse de personnes en recherche d'emploi et par une baisse importante du nombre de travailleurs, une équation assassine.

Difficile à expliquer

Le maire de Shawinigan, Michel Angers, a sondé le milieu pour trouver une explication plausible. Il n'y est pas parvenu.

«Il ne s'est rien passé qui puisse expliquer des chiffres pareils», commente-t-il. «C'est à peu près impossible que le nombre d'emplois ait chuté de cette façon. Dans le secteur manufacturier, à part la centaine d'emplois chez Produits forestiers Résolu, aucune baisse significative n'a été enregistrée.»

«Ça ne se peut pas qu'on ait perdu 3000 emplois en un an, c'est impossible», insiste le maire. «Je suis capable de faire face à la musique quand le situation le commande, mais j'ai beaucoup de difficulté à valider ces chiffres.»

Emploi Québec, qui utilise pourtant la même source pour son enquête sur la population active pour Trois-Rivières et la Mauricie, invite aussi à la prudence.

«En raison de la variabilité importante des données statistiques pour les agglomérations dans l'enquête sur la population active annuelle, la marge d'erreur étant relativement élevée, Emploi Québec n'est pas en mesure de commenter», émet Bertrand Barré, conseiller en communication.

Le portrait statistique accolé à Shawinigan en 2012 influencerait fortement celui de la région.

Dans son bilan annuel, la direction régionale d'Emploi Québec estime à 6500 le nombre de pertes d'emplois en Mauricie. Pour Trois-Rivières, 1800 travailleurs de moins étaient recensés. Dans l'ensemble du Québec, l'emploi n'a crû que de 0,8 % en 2012.

Cette étude de Statistique Canada est réalisée à chaque année auprès de 46 communautés comparables à travers le pays. En consultant ce relevé, on constate que Shawinigan détient le deuxième plus haut taux de chômage au pays, après Corner Brook (Terre-Neuve-et-Labrador), qui affiche 15,7 %.

Encore cette année, Shawinigan possède le plus faible taux d'emploi parmi les 46 agglomérations étudiées, à 41,3 %. Son taux d'activité est aussi le plus bas du groupe, à 48,3 %.

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