Coupes chez Hydro: des chances de reclassement quasi-nulles

Quarante-trois postes administratifs sont coupés chez Hydro-Québec en... (Photo: Émilie O'Connor)

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Quarante-trois postes administratifs sont coupés chez Hydro-Québec en Mauricie et au Centre-du-Québec.

Photo: Émilie O'Connor

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Louise Plante
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Avec les 800 emplois remis en question à la suite du déclassement de la centrale nucléaire Gentilly-2, le Syndicat des employés de techniques professionnelles et de bureau d'Hydro-Québec (SCFP) ne se fait pas trop d'illusions sur le reclassement des 43 employés administratifs dont le poste sera coupé d'ici avril en Mauricie et au Centre-du-Québec, d'autant plus qu'ils font partie d'une réduction massive de 406 postes administratifs partout au Québec.

Carole Chamberland, vice-présidente régionale du syndicat, confie qu'en principe, comme ces gens maintenant classés «excédentaires» sont des détenteurs de postes permanents, ils devraient avoir la possibilité de se reclasser ailleurs, «mais si on tient compte qu'il y a des coupes partout au Québec, leurs chances de reclassement sont quasi-nulles, nuance-t-elle. C'est certain qu'il y aura des départs à la retraite, mais en Mauricie, ça concerne peu de gens. En plus, ces postes coupés s'ajoutent à ceux de Gentilly-2. Ça fait quand même un lourd fardeau de gens excédentaires.»

M. Chamberland se désole d'autant plus de la situation qu'Hydro-Québec semble vouloir centraliser le tiers des nouveaux emplois à Montréal au détriment des régions.

«Hydro-Québec ne cesse de répéter que les emplois de bureau peuvent être remplis avec la nouvelle technologie. Ils vont réafficher 180 postes parmi lesquels 60 iront uniquement à Montréal. Pourtant, avec les nouvelles technologies, ces emplois peuvent être pourvus partout en province. Pourquoi faire déménager des gens, perturber des familles alors que le travail pourrait se faire de la Mauricie? Surtout qu'en Mauricie, les locaux sont déjà disponibles et qu'à Montréal, Hydro-Québec doit en louer.»

La porte-parole confie que ses membres sont atterrés et qu'ils ne voient plus d'avenir.

«On n'est pas rendus jusqu'à dire à nos gens de chercher du travail ailleurs, d'autant plus d'Hydro-Québec n'a pas terminé son exercice de la «refonte des gestes administratifs» même s'ils ont déjà commencé à faire du déploiement. On attend qu'ils soient rendus à terme.»

La représentante syndicale prévient qu'il est certain que le syndicat fera connaître son mécontentement à Hydro-Québec, car si la société d'État procède à ces coupes, ce n'est pas parce qu'il n'y pas de travail, soutient-elle.

«Il y en a du travail! Il y a encore du contrôle qualitatif à faire. Oui, avec les nouvelles technologies, nos tâches ne sont pas les mêmes qu'il y a quelques années. Reste qu'il y a encore du soutien administratif à faire... et je ne suis pas certaine qu'un monteur de ligne est à sa place derrière un bureau», ironise-t-elle.

Du côté d'Hydro-Québec, Louis-Olivier Batty, porte-parole de la société d'État confirme que 40 emplois seront coupés en Mauricie et 3 au Centre-du-Québec.

«Ces coupes ne se font pas du jour au lendemain, mais nous sommes en plein processus et ça demandera un certain laps de temps. On est en communication avec les employés concernés pour savoir quel sera leur choix, à savoir s'ils partent à la retraite ou ce qu'ils veulent faire d'autres pour ceux qui sont permanents, et ce dans le respect des conventions collectives.»

M. Batty explique qu'au cours des derniers mois, Hydro-Québec a procédé à l'analyse des gestes posés par le personnel administratif dans le but d'améliorer le processus de travail, notamment par le regroupement des tâches administratives et la mise en place d'outils en ligne.

Les postes coupés en Mauricie le seront à Trois-Rivières et Shawinigan principalement (une trentaine de postes) mais aussi à La Tuque (9 postes) et Saint-Étienne-des-Grès (1 poste) tandis que d'autres seront coupés à Drummondville (2 postes) et Victoriaville (1 poste).

M. Batty a précisé par ailleurs que l'utilisation des espaces de bureau par Hydro-Québec n'est pas modifiée.

Rappelons que les employés d'Hydro-Québec sont au fait du processus lancé par la société d'État depuis l'automne dernier. Lorsqu'on demande au porte-parole si d'autres secteurs d'activité d'Hydro-Québec risquent d'être touchés dans un avenir rapproché, il répond «qu'Hydro-Québec regarde comment améliorer l'organisation du travail et être plus efficace et que d'autres pistes d'efficience seront donc considérées dans l'entreprise.»

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