Shawinigan veut réduire les fuites commerciales

Le maire de Shawinigan croit que le temps... (Photo: Stéphane Lessard)

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Le maire de Shawinigan croit que le temps est devenu propice pour reprendre le bâton du pèlerin afin de sensibiliser sa population à l'importance de consommer à Shawinigan.

Photo: Stéphane Lessard

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Le maire Michel Angers a profité de la tribune offerte par la Chambre de commerce et d'industrie de Shawinigan, hier midi, pour piger dans ses vieux disques. Devant une centaine de personnes réunies à l'Auberge Gouverneur, il a invité les gens à porter une attention particulière aux fuites commerciales en 2013, un refrain qui revient périodiquement au Centre-de-la-Mauricie.

En janvier 2004, la firme Géocom sonnait l'alarme en chiffrant les fuites commerciales à Shawinigan à 120 millions $ par année. Les appels aux consommateurs et les programmes de fidélisation n'y ont pas changé grand-chose, puisque près de dix ans plus tard, le montant n'a pas bougé.

Certains secteurs, comme celui de la restauration ou des articles de sports, se portent mieux, mais d'autres en arrachent davantage. Par exemple, la fermeture de la librairie Clément Morin, à la Plaza de la Mauricie, a inévitablement entraîné des fuites commerciales à la faveur de Trois-Rivières.

Fort de l'élan de fierté et du sentiment d'appartenance observés dans le sondage réalisé dans le cadre du dixième anniversaire de la ville l'automne dernier, le maire de Shawinigan croit que le temps est devenu propice pour reprendre le bâton du pèlerin afin de sensibiliser sa population à l'importance de consommer à Shawinigan.

«Nous voulons faire de l'achat local une priorité incontournable en 2013», souligne M. Angers. «Bien sûr, on peut dire que tout a été essayé, avec des bons, la carte à puce électronique et des campagnes pour réduire les fuites commerciales et que ça n'a jamais fonctionné.»

«On va s'y prendre différemment cette fois», prévient-il, en sollicitant la collaboration de la CCIS dans cette nouvelle tentative. «Nous voulons changer des mentalités, un peu comme nous l'avons fait sur la vision qu'on pouvait avoir de Shawinigan. On va s'y prendre de la même façon pour se parler de consommation.»

M. Angers révèle que l'offre commerciale à Shawinigan atteint 867 millions $. La demande des résidents est évaluée à 551 millions $ et sur ce montant, 120 millions $ échappent aux commerçants locaux.

Le maire estime à 35 000 le nombre de personnes en périphérie, dans les MRC de Mékinac, des Chenaux, de Maskinongé ainsi qu'à La Tuque, qui consomment à Shawinigan. «On peut donc ajouter facilement 300 millions $ de plus», calcule-t-il. «Mais nous avons aussi beaucoup de fuites.»

En fait, si ces 120 millions $ étaient plutôt consommés à Shawinigan, il faudrait ajouter 38 000 mètres carrés de superficie commerciale. «L'équivalent de 25 glaces comme le Centre Bionest!», image le maire.

M. Angers est demeuré prudent sur la stratégie qui sera employée pour sensibiliser davantage la population. Il veut miser sur la communication en martelant le message à des groupes ciblés. Par exemple, il précise que les citoyens plus aisés ont souvent tendance à consommer à l'extérieur de Shawinigan.

«Les moins bien nantis n'ont pas les moyens de prendre leur voiture et d'aller magasiner dans d'autres villes», pointe-t-il. «Nous allons donc tenter d'inverser la tendance, en se demandant s'il est possible d'acheter à Shawinigan avant d'aller à l'extérieur. Le défi touche aussi les commerçants, qui doivent répondre à la demande des citoyens.»

Au Japon

L'allocution du maire de Shawinigan a duré une cinquantaine de minutes. Il est notamment revenu sur les faits saillants de l'année 2012 et sur plusieurs éléments du sondage qui avait été présenté à la rencontre citoyenne en novembre.

M. Angers a également annoncé aux gens d'affaires qu'en février, il s'envolerait pour le Japon pour une semaine en compagnie du directeur général du Centre local de développement, Luc Arvisais. Cette mission visera à séduire des entreprises du secteur des jeux sociaux et mobiles pour les attirer au nouveau pôle d'excellence qui sera situé au Centre d'entrepreneuriat Shawinigan, autour d'Alchemic Dream.

«Ce sont des opportunités plus qu'intéressantes», assure le maire. «Une série de rencontres d'affaires sont planifiées avec l'ambassade du Canada. Ce sont des clients d'Alchemic Dream; on ne s'en va pas dans le désert. On pourra leur montrer ce qu'on peut leur offrir, à Shawinigan.»

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