Analyse

L'année 2013 sur fond... de 200 millions$

Gentilly-2 pourrait bien servir, malgré elle, de catalyseur... (Photo: Émilie O'Connor)

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Gentilly-2 pourrait bien servir, malgré elle, de catalyseur à une diversification économique régionale déjà amorcée.

Photo: Émilie O'Connor

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

Il est plutôt rare de commencer une année avec, en moins, une entreprise de 800 emplois. C'est pourtant le cas avec la fermeture de Gentilly-2 à la fin de 2012.

Évidemment, il est encore tôt pour en ressentir tout l'impact, mais la mise au rancart de la centrale nucléaire, avec tout ce que la réfection impliquait en termes de retombées, représente un coup dur au plan économique.

En d'autres mots, la région commence 2013 avec une prise contre elle, et ce, après une année où la population en emploi a reculé de 5,4 % en Mauricie.

Mais il est tout aussi rare qu'un milieu se fasse accorder une aide gouvernementale particulière de 200 millions de dollars pour diversifier l'économie. Or, c'est pourtant cette somme qui est mise à la disposition de la région en cette nouvelle année, répartie sur cinq ans. Et dès le printemps, des projets sont susceptibles d'être approuvés en lien avec ce fonds spécial. C'est mieux que rien.

En ce sens, Gentilly-2 pourrait bien servir, malgré elle, de catalyseur à une diversification économique régionale déjà amorcée.

Il faut dire qu'avec ou sans l'enveloppe de 200 millions de dollars, la région était déjà en action en termes de développement. À lui seul, le parc industriel de Bécancour figure dans les plans de Rio Tinto Fer et Titane et IFFCO pour des usines de plusieurs milliards de dollars.

D'ailleurs, l'idée n'aurait pas été mauvaise de confier le fonds à la Société du parc, sachant que la création d'emplois sur ce site profite naturellement à la rive-nord, comme c'était le cas avec Gentilly-2. Le tout aurait été moins compliqué, plus efficace et mieux justifié au plan géographique. Simple suggestion.

Pendant que le développement domiciliaire traduit une vigueur économique à Nicolet et que l'échangeur 55, à la hauteur de Saint-Grégoire, se veut prometteur pour le développement commercial, le volet résidentiel de Trois-Rivières sur Saint-Laurent est annoncé, l'Amphithéâtre est en voie de réalisation et le Parc Micro Sciences sera enrichi d'une deuxième unité.

Plus de 20 ans après la fermeture de l'usine PFCP, la transformation des anciens terrains papetiers en un lieu multifonctionnel à caractère technologique, culturel, touristique et immobilier constitue une image forte de reconversion économique. Et la présence du Musée Boréalis permet de conserver ce lien avec le passé glorieux des pâtes et papiers.

Car, faut-il le rappeler, pour l'industrie forestière, les meilleures années sont derrière, même si les scieries ont repris vie. Kruger a subi une cure d'amaigrissement au fil des ans et l'année 2013 sera cruciale pour en arriver à une entente avec les travailleurs. L'usine Laurentide, à Grand-Mère, doit maintenant opérer avec une seule machine et malgré la nouvelle vague de concessions obtenues par l'employeur, Résolu est toujours à la recherche de solutions pour rentabiliser ses installations. À suivre.

C'est sans compter que Shawinigan vit sous le spectre d'une fermeture longtemps annoncée, soit celle de l'aluminerie en 2014. Ce qui fait que le secteur de la fabrication sera affecté par une réduction d'emplois au sein de grandes industries sur une certaine période.

Selon Emploi-Québec Mauricie, le papier se retrouvera ainsi avec 1200 emplois en 2016. «La restructuration des entreprises du secteur, de même qu'une demande de papier journal en baisse, explique cette tendance», commente l'économiste régional, Jules Bergeron.

L'effectif reculera aussi dans la première transformation des métaux, soit 4,7 % par année d'ici la fin de 2016, «conséquence attendue de la fermeture de l'usine de Rio Tinto Alcan», précise le spécialiste.

Mais depuis la disparition de la Belgo, la Ville a accéléré son virage vers de nouveaux créneaux: composantes électroniques, transformation des métaux, matériaux composites, efficacité énergétique et technologies vertes. Des entreprises telles que Kongsberg Automotive ont le vent dans les voiles.

En plus de promouvoir l'entrepreneuriat, Shawinigan veut aussi devenir un pôle d'excellence en jeux sociaux et mobiles avec, comme pilier, une entreprise à saveur internationale, Rêve Alchimique, qui, à partir du centre-ville, fait travailler quelque 250 personnes sur cinq continents. Un véritable trésor caché, comme la firme SIM qui se distingue avec son outil Cognibox, ce logiciel en ligne de gestion des compétences et de la qualification des sous-traitants.

Selon les prévisions régionales, l'oxygène va surtout provenir du secteur tertiaire avec, par exemple, l'ouverture du centre d'appel Gexel à Trois-Rivières avec ses quelque 150 employés au départ. Et au cours des prochaines années, l'industrie touristique devrait apporter une contribution à la hausse au développement économique.

Bref, l'année 2013 sera remplie de défis, dans le contexte de l'après-Gentilly-2. Mais aux quatre coins du territoire et dans différents secteurs, la région est déjà en action.

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