• Le Nouvelliste > 
  • Économie 
  • > L'usine d'urée à Bécancour est écologiquement insensée, selon le Parti vert 

L'usine d'urée à Bécancour est écologiquement insensée, selon le Parti vert

Le site de la futre usine d'IFFCO....

Agrandir

Le site de la futre usine d'IFFCO.

Partager

Louise Plante
Le Nouvelliste

(Bécancour) Le chef du Parti vert du Québec, Claude Sabourin, souhaite rencontrer rapidement le ministre du Développement durable, Environnement, Faune et Parcs, Yves-François Blanchet, pour discuter d'alternatives à l'usine d'urée (engrais azoté) annoncée à Bécancour l'automne dernier; un projet qui, à son avis, n'a pas sa place dans un contexte de développement durable.

M. Sabourin dit revenir à la charge parce que le nouveau gouvernement péquiste ne semble pas se préoccuper particulièrement de ce dossier. «On veut tout au moins faire résonner dans la population que ce n'est pas anodin d'accepter ce genre d'entreprise-là à Bécancour», a-t-il confié en entrevue téléphonique.

Bien sûr, M. Sabourin ne peut que constater que dans la foulée de l'arrêt de production de l'usine Gentillly-2, le besoin de diversification économique se fait criant dans la région de Nicolet-Bécancour et que cela explique que Québec voit d'un bon oeil l'arrivée d'une usine créatrice de centaine d'emplois. Mais à son avis, c'est tout de même une décision écologiquement insensée.

«C'est l'éternelle rengaine emplois versus environnement, dénonce-t-il. Il faut éveiller l'intérêt des gens aux risques que cela représente d'avoir une telle industrie.»

Pour le Parti vert, ce projet d'usine n'est qu'une autre illustration d'un illogisme politique flagrant lorsque vient le temps pour un gouvernement, peu importe lequel, d'exprimer sa volonté d'instaurer une gouvernance axée sur le développement durable.

«Une usine de ce genre est très gourmande en gaz naturel et nous craignons qu'elle vienne accentuer la pression pour l'exploitation du gaz de schiste en Amérique du Nord et au Québec. Le projet fera à lui seul augmenter de 1 % le bilan de GES de la province, sinon plus si on tient compte de la construction», prévient-il.

Quand on fait remarquer au chef du Parti vert que le parc industriel de Bécancour possède déjà les infrastructures nécessaires pour fournir du gaz naturel et qu'on n'est pas en présence ici d'une usine qui aura recours au gaz de schiste, il maintient qu'on aurait quand même dû refuser de l'accueillir à Bécancour.

«C'est pourquoi je pense qu'il est bien d'en parler de nouveau parce que cela n'a pas encore pris le chemin de la construction. C'est un dossier au sujet duquel il ne faut pas baisser les bras, d'où notre intérêt de le relancer quelques mois après son annonce. On n'arrêtera pas de parler du dossier et on n'attendra pas les décisions d'en haut lieu, d'où mon intérêt de rencontrer le ministre Blanchet pour discuter d'autres avenues moins dommageables pour l'environnement. Je pense que là je pourrai toucher une fibre sensible.»

De plus, pour le Parti vert, l'utilisation d'urée dans la fertilisation de terres agricoles s'oppose à une vision de l'agriculture biologique puisqu'il s'agit d'intrant chimique.

«Nous sommes déjà dans une situation de production de surplus d'engrais au Québec par les volumes de lisier et fumier agricoles. Des produits qu'on étend encore à tout vent dans les champs et qui polluent les cours d'eau. Il serait écologiquement préférable de récupérer et traiter ces lisiers pour en faire des engrais organiques stables et sécuritaires pour l'environnement plutôt que d'extraire des carburants pour les remettre en circulation dans l'environnement, même sous forme d'engrais», de conclure M. Sabourin.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:1609999:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer