Le début d'un rêve

Le vice-président d'Alchemic Dream, Philippe Nadeau et le... (Photo: Sylvain Mayer)

Agrandir

Le vice-président d'Alchemic Dream, Philippe Nadeau et le maire, Michel Angers, croient qu'ils possèdent les outils pour faire de Shawinigan un pôle d'excellence dans les jeux sociaux et mobiles.

Photo: Sylvain Mayer

Partager

Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Le Centre d'entrepreneuriat Shawinigan sera investi d'une nouvelle mission à compter de l'an prochain. En effet, la Ville, la Commission scolaire de l'Énergie, le Collège Shawinigan et l'entreprise Alchemic Dream souhaitent y installer un pôle d'excellence en jeux sociaux et mobiles, une niche qui ne trouverait pas son pareil à travers le monde.

Cet élan d'enthousiasme a été lancé hier matin, à l'hôtel de ville de Shawinigan. Comme si les partenaires de cet ambitieux projet avaient voulu se faire un cadeau avant le congé de Noël.

Au cours des prochains mois, les divers intervenants procéderont au développement de deux volets précis pour la réalisation de ce pôle d'excellence.

Tout d'abord, les institutions scolaires offriront une formation pour les jeunes créateurs. L'incubation d'entreprises et la création d'un centre en recherche et développement font également partie de ce volet. Après la formation, le Centre d'entrepreneuriat Shawinigan pourra héberger des studios de jeux sociaux et mobiles, en épaulant ces entrepreneurs pendant une période maximale de cinq ans.

Le deuxième volet consistera à attirer à Shawinigan un projet de centre de données spécialisé dans l'hébergement des jeux sociaux et mobiles.

L'entreprise Alchemic Dream est utilisée comme locomotive, elle qui possède des contacts avec 4000 sociétés spécialisées à travers la planète. Le vice-président et cofondateur, Philippe Nadeau, ne doute aucunement de la réussite de ce pôle d'excellence.

«Nous sommes des pionniers dans le marché du jeu vidéo», résume-t-il. «Nous sommes la première société à avoir créé ces services. Nous avons inventé notre métier!»

Alchemic Dream se spécialise depuis onze ans dans le monde virtuel des jeux sociaux, mobiles et transmédias. Elle se présente comme le premier fournisseur international de service pour les développeurs et éditeurs de MMO (Massively multiplayer Online). Elle offre aussi des services pour les sociétés de paiement en ligne et de biens virtuels, le support à la clientèle et tous les genres d'expériences de jeu. Cette PME, qui emploie plus de 250 personnes à travers le monde, a également développé une expertise en cybercriminalité.

Comme première retombée directe de ce projet, Alchemic Dream veut organiser à Shawinigan, au début du printemps, une grande table ronde internationale sur les dangers des jeux sociaux.

Le nerf de la guerre

M. Nadeau est convaincu que l'expertise d'Alchemic Dream guidera la réussite de ce projet. Il précise que l'industrie du jeu vidéo dépasse déjà celle du cinéma et qu'elle doublera d'ici 2015. Le cofondateur d'Alchemic Dream a déjà ciblé des entreprises intéressées à s'établir à Shawinigan dans un avenir prévisible.

«Une société comme la nôtre est unique sur le plan international», avance-t-il. «Nous avons une expertise, un savoir-faire. Pour nos clients, il existe une plus-value indéniable de venir s'installer ici si nous y sommes. D'autant plus que toute une communauté se lève derrière ce projet.»

Cette initiative chemine dans le plus grand secret depuis février 2011, mais plus intensément depuis près d'un an.

«Il existe une explosion de potentiel de possibilités pour ces jeux sociaux», s'enthousiasme le maire, Michel Angers. «Plusieurs grands joueurs sont déjà venus à Shawinigan. Ces gens ont besoin de ce pôle d'excellence pour s'installer, avec un centre de serveurs dédié aux jeux sociaux. De gros joueurs cherchent des endroits dans le monde pour faire un bout de chemin. Cet endroit sera Shawinigan!»

Le gouvernement du Québec met souvent de l'avant des mesures incitatives pour encourager les régions à développer des créneaux. M. Angers reconnaît que des approches devront être faites en ce sens, mais ces démarches ne sont encore guère avancées.

«Pour le moment, nous disons que Shawinigan va planter son drapeau pour devenir la Mecque des jeux sociaux mobiles à travers le Canada», indique-t-il. «Nous allons travailler avec Investissement Québec, voir si on peut avoir ce volet particulier dans les créneaux d'excellence déterminés pour les régions. Il reste du travail à faire.»

Le maire glisse que si le gouvernement provincial finissait par accorder l'aide financière de deux millions de dollars pour supporter le centre d'entrepreneuriat, la Ville pourrait dégager des marges supplémentaires pour développer ce nouveau pôle.

Revoilà le centre de serveurs

Disparu dans la nuit des temps depuis que Recyclage Arctic Beluga a acquis l'ancienne papeterie Belgo en janvier 2010, le projet de centre de serveurs revit dans l'actualité avec ce pôle d'excellence en jeux sociaux et mobiles.

Pour les partenaires, cet atout pourrait faire la différence pour les sociétés de ce milieu qui seraient invitées à s'établir à Shawinigan. Ce centre de serveurs rendrait disponible des équipements informatiques adaptés, une plateforme de tests et des spécialistes pour conseiller les équipes de développement pendant la phase de création du jeu.

Les partenaires souhaitent également doter ce centre de données d'une efficacité énergétique qui permettra aux utilisateurs d'améliorer la rentabilité de leurs opérations.

Pendant plusieurs mois, des promoteurs ont étudié très sérieusement la possibilité d'installer un centre de serveurs dans l'ancien centre d'expédition de l'usine Belgo, juste à côté d'Espace Shawinigan. Les négociations s'étaient intensifiées durant la période de restructuration d'AbitibiBowater, mais les plans avaient finalement échoué.

Quand Recyclage Arctic Beluga est devenue propriétaire du site, l'effervescence qui entourait ce projet s'est rapidement dissipée. René Fugère, vice-président de l'entreprise, confiait récemment que l'établissement d'un centre de données lui apparaissait toujours possible sur le site de l'ancienne papeterie. Mais il ne fait visiblement pas partie des partenaires associés au projet annoncé hier.

«Nous pouvons développer un centre de données dans n'importe quel bâtiment ou dans une nouvelle structure», mentionne le maire, Michel Angers.

«Nous voulons un endroit situé près de la rivière Saint-Maurice, mais nous n'avons pas été capables de nous entendre sur le site de la Belgo. On nous a fait des offres, mais à des prix exorbitants. Nous savons maintenant que des promoteurs sont prêts à investir pour des projets de serveurs dédiés aux jeux vidéo. On s'en va dans un créneau très spécifique.»

Hier comme aujourd'hui, la rivière Saint-Maurice est considérée comme un avantage important pour ce type de projet.

L'approvisionnement en eau permettrait de refroidir efficacement une salle de serveurs. L'accès à l'énergie hydroélectrique, la présence de fibre optique et les faibles risques de tremblements de terre majeurs sont aussi des atouts.

Partager

lapresse.ca vous suggère

  • Shawinigan en ligne avec le monde

    Économie

    Shawinigan en ligne avec le monde

    Discrètement, au centre-ville de Shawinigan, une entreprise fait travailler250 personnes sur cinq continents, dont une vingtaine localement. »

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:1609999:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer