Usine Saint-Maurice: un oui sans enthousiasme

Steve Dupont, président du Syndicat national de l'usine... (Photo: Sylvain Mayer)

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Steve Dupont, président du Syndicat national de l'usine Saint-Maurice (CSN). «Maintenant, la direction locale doit rétablir les ponts.»

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Les syndiqués de l'usine Saint-Maurice de General Cable ont majoritairement convenu, hier après-midi, de prolonger les termes de la convention collective échue depuis le 17 septembre dernier jusqu'au 17 décembre 2013.

Un résultat prévisible, puisque le comité de négociation recommandait l'acceptation de cette proposition. Cette dernière n'a toutefois rallié que 64 % des118 membres présents, signe que les travailleurs ont exprimé beaucoup de réserves sur le scénario prévu.

Steve Dupont, président du Syndicat national de l'usine Saint-Maurice (CSN), redoutait même que la proposition soit renversée au début de l'assemblée, tellement le mécontentement se faisait sentir chez ses membres.

«On a eu de gros débats», commente-t-il. «Les gens nous ont fait comprendre qu'ils n'avaient rien contre l'exécutif du syndicat. Mais ils nous disaient que même si le contrat était prolongé d'un an, on se retrouverait devant la même direction locale qui nous a fait tant de promesses qui n'ont pas été respectées au fil des ans. Pourquoi ça changerait? On s'est tellement fait mentir qu'on commence à être difficiles à convaincre.»

M. Dupont croit que finalement, les employés ont décidé de donner le bénéfice du doute au nouveau propriétaire.

«Nous lui donnons un an pour nous démontrer qu'il pourra bien gérer cette usine», lance le porte-parole syndical. «General Cable est peut-être de bonne foi. Ensemble, nous allons trouver des façons pour épargner de l'argent. Si nous réussissons à baisser des coûts, on ose croire que la compagnie ne reviendra pas à la charge avec des baisses de salaires l'an prochain.»

Rappelons que dans son dépôt initial, la multinationale américaine souhaitait ramener les conditions de travail des syndiqués de l'usine Saint-Maurice au même niveau que celles de ses travailleurs de l'usine de Saint-Jérôme. Pour les employés locaux, ce scénario signifiait une baisse du taux horaire de base de 20 %, sans compter les autres demandes dans les avantages sociaux.

À tout le moins, ces tensions automnales ont permis à l'exécutif syndical de mesurer le degré de mobilisation des membres. M. Dupont se réjouit de la solidarité démontrée au cours des dernières semaines. Quelques épisodes ont d'ailleurs fait monter la tension à l'intérieur de l'usine et dès ce matin, le président du syndicat rencontrera la direction pour s'assurer qu'aucune sanction ne sera portée au dossier de certains individus.

«Je suis satisfait de la confiance que nos membres ont manifestée», mentionne M. Dupont. «Maintenant, la direction locale doit rétablir les ponts. À un moment donné, quand la tête est malade, le corps ne suit plus.»

La prolongation du dernier contrat de travail signifie que les employés de l'usineSaint-Maurice subiront un gel de salaire pour une période de 15 mois. Par contre, en début d'année, ils devraient recevoir un boni de performance, selon l'atteinte des objectifs qui avaient été fixés.

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