Usine Laurentide: la tension monte d'un cran

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Après trois semaines d'intenses négociations entre l'exécutif de la section locale 139 du Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier et la direction de l'usine Laurentide, les travailleurs devront se prononcer sur la proposition patronale lors d'un important vote, lundi soir et mardi.

Photo: Émilie O'Connor

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Après trois semaines d'intenses négociations entre l'exécutif de la section locale 139 du Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier et la direction de l'usine Laurentide, les travailleurs devront se prononcer sur la proposition patronale lors d'un important vote, lundi soir et mardi.

Rappelons qu'à la suite de l'arrêt de production de la machine à papier no 10, Produits forestiers Résolu exige certains réaménagements à la convention collective des employés, qui ne vient pourtant à échéance que le 30 avril 2014. Le Syndicat des travailleurs du papier de la Mauricie (CSN) et la section locale 209 du SCEP, qui regroupe les employés de bureau, se sont déjà entendus avec la direction.

Les négociations paraissent beaucoup plus compliquées avec le local 139 du SCEP, de loin l'unité la plus importante avec ses

260 membres. Son président, Terry Black, a déjà confié que l'employeur cherchait à obtenir des concessions sur le droit de rappel, le calcul des vacances et celui du temps supplé-

mentaire.

De plus, la direction semblait lier l'acceptation de ces compromis à d'éventuelles offres pour faciliter l'accès à la retraite des employés de 55 ans et plus touchés par l'arrêt d'exploitation de la machine no 10. Près de 40 personnes de cette unité se retrouvent dans cette situation.

Les parties se sont rencontrées à plusieurs reprises depuis que la direction a exprimé ses demandes, le 8 novembre. Claude Gagnon, représentant national au SCEP, indique que le processus de négociation avait atteint sa limite et qu'en conséquence, les travailleurs devront se prononcer en début de semaine pro-

chaine.

«L'employeur n'a pas lâché grand-chose depuis le début», déplore le porte-parole syndical. «Il laisse sous-entendre que si les prix ne sont pas compétitifs, il sera incapable de produire avec la machine qui reste.»

Invité à expliquer pourquoi l'exécutif du plus important groupe de syndiqués n'était pas encore parvenu à s'entendre avec la direction, M. Gagnon mentionne que «l'employeur est beaucoup plus exigeant avec le local 139 qu'avec les autres unités syndicales.»

Saignée

Produits forestiers Résolu multiplie les coups d'éclat cet automne dans son réseau.

En plus de la fermeture de la machine no 10 à Shawinigan qui entraîne la perte de 111 emplois, la compagnie annonçait, le

20 novembre, l'arrêt pour une période indéterminée de l'usine de pâte kraft et de la machine à papier no 5 de son unité de Fort Frances, en Ontario. Cette décision touchera 240 employés.

La semaine dernière également, les travailleurs de la papeterie de Clermont apprenaient que 75 des 200 postes seraient sacrifiés. À Alma enfin, 112 postes doivent être éliminés d'ici au

31 décembre.

À l'usine Laurentide,

M. Gagnon observe que la direction rencontre des travailleurs pour les sensibiliser à l'importance des enjeux et en conséquence, aux votes de lundi et mardi.

«L'employeur a le droit de rencontrer ses employés pour expliquer la situation», concède

M. Gagnon. «Je n'ai rien contre ça. Il a même intérêt à le faire, parce que j'ai l'impression qu'en assemblée, les gens verront peut-être un autre côté de la

médaille.»

Le porte-parole syndical souligne qu'aucune recommandation d'acceptation ne sera formulée aux membres.

«L'employeur veut plein de choses dans la convention», souligne M. Gagnon. «Certaines sont acceptables, d'autres ne le sont pas. Les gens décideront ce qu'ils veulent faire. Il faut voir s'ils voudront concéder pour éviter d'être plus à risque. Ce sera leur décision.»

Si les syndiqués refusent la proposition patronale, la convention collective en vigueur continuera de s'appliquer. Pierre Choquette, directeur principal, affaires publiques pour le Canada chez Produits forestiers Résolu, ne souhaite pas annoncer les conséquences de cette décision pour le moment.

«Nous sommes rendus au point où les gens devront se prononcer et on verra comment ça va se dérouler», indique-t-il. «Il n'y aura aucun nouveau développement tant que nous n'aurons pas une réponse claire.»

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