Entente d'approvisionnement: Québec s'en sort mieux que prévu

Environ la moitié des crédits de 25 millions... (Photo: Émilie O'Connor)

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Environ la moitié des crédits de 25 millions de dollars annoncés en mai 2008 pour l'usine Laurentide ont été effectivement accordés, à quatre mois de la fin de l'entente, le 31 mars.

Photo: Émilie O'Connor

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Les ralentissements de l'industrie forestière ont finalement permis au gouvernement du Québec d'économiser sur l'aide financière prévue pour l'approvisionnement en bois de l'usine Laurentide du secteur Grand-Mère. En conséquence, environ la moitié des crédits de 25 millions de dollars annoncés en mai 2008 pour cette papeterie ont été effectivement accordés, à quatre mois de la fin de l'entente, le 31 mars.

Voilà le calcul effectué par Richard Savard, sous-ministre associé aux forêts au ministère des Ressources naturelles et de la Faune. Il précise aussi que contrairement à une certaine rumeur, cette aide financière n'était attachée à aucune garantie d'emplois ou d'investissements de la part d'AbitibiBowater, devenue Produits forestiers Résolu. Donc, non seulement l'arrêt de la machine no 10 ne contreviendra pas à cette entente, mais elle permettra au gouvernement d'épargner de l'argent.

Le 5 mai 2008, soit près de six mois après l'annonce de la fermeture de la Belgo, l'ex-ministre des Ressources naturelles, feu Claude Béchard, débarquait dans le secteur Grand-Mère pour dévoiler un support exceptionnel qui allait faire baisser la tension à l'usine Laurentide.

Avec beaucoup de précaution, le gouvernement annonçait alors en être venu à une entente avec AbitibiBowater concernant l'approvisionnement en bois avec cette papeterie. M. Béchard évaluait à ce moment à 25 millions de dollars l'aide qui serait consentie.

Quelques semaines plus tard, Pierre Marineau, ex-directeur général de l'attribution du bois et du développement industriel au MRNF, précisait que dans les faits, le contrat d'approvisionnement et d'aménagement forestier pour l'usine Laurentide passait de 14,66 $ à 0,85 $ le mètre cube, une économie de 94 % qui avait causé des remous dans d'autres régions.

L'entente prévoyait un approvisionnement de 1,347 million de mètres cubes sur une période de cinq ans pour cette usine, sur la base d'un prix moyen, estimait-on à ce moment, de 19,57 $. Peu importe les variations, Produits forestiers Résolu était toujours assurée de ne payer que 0,85 $ le mètre cube pour l'approvisionnement de l'usine Laurentide.

Cas spécial

«La Mauricie était un cas spécial, puisque c'était la seule région où on retrouvait trois usines qui défibrillaient le bois avec des meules», rappelle le sous-ministre.

Or, pour les deux papeteries de Kruger et pour Laurentide, l'aide financière atteint présentement 17 millions de dollars. On demeure bien loin des 25 millions $ prévus pour Laurentide seulement.

«L'industrie a ralenti énormément depuis ce temps», rappelle M. Savard. «La demande en papier d'impression n'est pas du tout à la hausse. L'évaluation était basée sur la consommation prévue jusqu'au terme de l'entente. Mais en vérité, nous en sommes à 17 millions $ pour les trois usines et pour Laurentide seulement, on parle de 12,8 ou 13 millions $. Le reste, c'est surtout allé à Wayagamack.»

Pierre Choquette, directeur principal, Affaires publiques pour le Canada chez Produits forestiers Résolu, ajoute qu'une modification sur le grade de bois couvert a également changé la donne. La compagnie a ainsi dû s'approvisionner davantage que prévu en forêt privée.

Avec une machine à papier en moins, de nouveaux calculs sont évidemment prévus pour l'entrée en vigueur du nouveau régime forestier, au printemps. Par contre, M. Savard assure que Produits forestiers Résolu n'encourt aucune pénalité pour avoir changé son rythme de production avant la fin de l'échéance.

«L'entente portait sur le volume de bois», fait remarquer le sous-ministre. «Nous leur payons ce qu'ils nous facturent en bois mesuré. Ça reste un avantage qui n'est pas négligeable; il avait d'ailleurs été décrié dans le passé ailleurs au Québec. Mais nous disions que nous aidions ces usines en raison de la particularité des meules. Ailleurs, les usines ont été aidés sur d'autres particularités.»

M. Savard confirme également que cette annonce n'était aucunement liée à une garantie d'embauches ou d'investissements.

«Nous voulions simplement donner le maximum de chance de survie», résume M. Savard. «Mais ce n'était associé à rien de particulier. L'industrie avait de la misère et on voulait l'aider à garder des emplois. Une usine de pâte, c'est le poumon de la foresterie, parce que les copeaux doivent passer quelque part. Quand les usines de pâte ne fonctionnent pas, les scieries ne fonctionnent pas non plus.»

Malgré tout, M. Choquette considère que Produits forestiers Résolu a bénéficié d'une bonne entente avec le gouvernement du Québec.

«Il faut reconnaître que beaucoup d'efforts ont été faits sur le prix de la fibre en Mauricie», convient-il. «C'est clair que c'était une entente intéressante, surtout dans le contexte que connaissait Laurentide. Mais au bout du compte, la question de marché est prépondérante.»

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