L'histoire s'arrête pour la machine no 10

L'usine Laurentide.... (Photo: Émilie O'Connor)

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L'usine Laurentide.

Photo: Émilie O'Connor

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) À travers les intenses négociations qui se sont déroulées au cours des derniers jours entre les représentants des trois exécutifs syndicaux et la direction locale de l'usine Laurentide, 111 travailleurs apprivoisent lentement l'idée que dans quelques heures, leur emploi lié à l'exploitation de la machine no 10 ne constituera plus qu'un souvenir.

À compter de lundi, cette unité de production de papier commercial cessera son activité. Mais Guy Lafrenière, ex-président appelé à la rescousse de l'exécutif du Syndicat des travailleurs du papier de la Mauricie (CSN) pour négocier les derniers aménagements demandés par Produits forestiers Résolu, précise que les 111 employés touchés ne quitteront pas tous l'usine le 26 novembre.

«Il faut nettoyer toute la machine», explique-t-il. «Il faut enlever l'équipement d'habillage. Il faut nettoyer les poutres, la bâtisse, vider les réservoirs. Il reste plusieurs jours de travail.»

En fait, M. Lafrenière s'attend à ce que les derniers employés mis à pied quittent l'usine à la fin de la semaine prochaine. À compter de ce moment, Laurentide ne comptera plus que 280 travailleurs et une seule machine à papier.

Pierre Choquette, directeur principal, affaires publiques pour le Canada chez Produits forestiers Résolu, assure qu'aucun plan précis ne se dessine pour la machine no 10 une fois que son entretien sera complété.

«Il n'y a pas d'autre considération que celle de mettre la machine en état d'arrêt», assure-t-il.

Espoir et déception

Des rumeurs persistantes ont marqué l'arrêt de production de la machine no 10 au cours de la dernière année. La nouvelle a quand même été accueillie avec un peu d'étonnement le 6 novembre, puisque certains signaux semblaient plutôt encourageants à l'interne.

«On savait qu'à partir du moment où ça repartait à Dolbeau-Mistassini, la machine no 10 fermait», résume M. Lafrenière. «Mais dans les derniers temps, nous avions commencé à faire des tests de papier de grade A et ça a créé un espoir.»

«Des rumeurs couraient selon lesquelles il pourrait y avoir des investissements de dix à quinze millions $. La direction était contente des résultats des tests. Quand la fermeture a été annoncée, les gens s'y en attendaient moins!»

Pour certains travailleurs qui cognaient à la porte de la retraite, l'enjeu consiste à savoir s'ils pourront la devancer sans trop de pénalités. Parallèlement, l'employeur réclamait certains aménagements à la convention collective en vigueur, qui ne se termine pourtant que le 30 avril 2014 pour les trois unités d'accréditation de l'usine.

Après plusieurs rencontres, le Syndicat des travailleurs du papier de la Mauricie (CSN) et la section locale 209 du Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier (FTQ), qui touchent ensemble une centaine de travailleurs, se sont entendus avec l'employeur. Les négociations se poursuivent cependant avec le plus important groupe, qui compte 260 membres.

«Nous avons des ententes avec deux unités, mais nous n'avons pas encore de développement pour le local 139 du SCEP», confirme M. Choquette

Ces membres avaient accueilli plutôt froidement les demandes initiales de l'employeur, qui souhaitait des aménagements dans les vacances, le temps supplémentaire et le droit de rappel. De son côté, M. Lafrenière indique que les négociations ont permis d'adoucir la pilule. Les réaménagements ont été approuvés par 90 % de ses membres.

«Nous avons discuté et nous sommes venus à la conclusion que juste la fermeture de la machine et les mises à pied, c'était déjà pas mal!», souligne M. Lafrenière. «Par exemple, nous avons réaménagé le nombre de personnes qui peuvent partir en vacances en même temps. Nous n'avons pas fait de concessions majeures, si ce n'est que changer quelques pratiques pour que ça aille mieux.»

L'arrêt de la machine no 10 éliminera environ la moitié des effectifs du STPM (CSN). Une quinzaine d'entre eux bénéficieront d'une retraite avec certains assouplissements, parce qu'ils auront atteint l'âge de 55 ans le 1er mars. Une vingtaine seront mis à pied, avec un droit de rappel qui s'étendra sur quatre ans. D'autres choisissent de quitter volontairement pour entreprendre une nouvelle vie. Il restera une quarantaine de travailleurs de cette unité dans l'usine.

Au local 139 du SCEP, une quarantaine de syndiqués pourraient, en principe, bénéficier d'une offre pour devancer leur retraite.

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