A.B.I.: les discussions se sont poursuivies

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Dans sa décision rendue mercredi, la Commission des relations du travail en vient à la conclusion «qu'il y a un grave problème à l'aluminerie» tout en évoquant des négociations «ardues».

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Bécancour) La direction et le syndicat de l'Aluminerie de Bécancour ont discuté pendant une bonne partie de la soirée d'hier.

Malgré ces rapprochements des dernières heures, les parties croisent déjà le fer devant les tribunaux. En effet, les syndiqués ont été sommés de cesser immédiatement tout ralentissement de la production et de reprendre l'exercice normal de leur boulot.

Dans sa décision rendue mercredi, la Commission des relations du travail en vient à la conclusion «qu'il y a un grave problème à l'aluminerie» tout en évoquant des négociations «ardues».

«Des retards importants accumulés à la fonderie font en sorte qu'A.B.I. n'a plus l'espace nécessaire dans ses cuves pour garder l'aluminium déjà produit et non coulé, l'obligeant soit à réduire sa production, soit à mettre les cuves en dormance pour ensuite les fermer. Elle n'est plus en mesure de poursuivre ses activités normales», peut-on y lire.

Par contre, la preuve ne permet pas de conclure que les Métallos aient encouragé ou appuyé ce ralentissement d'activités. «Cela ne les libère toutefois pas de leur obligation de rappeler leurs obligations aux salariés qu'ils représentent», poursuit le juge administratif Raymond Gagnon.

La Commission a statué très rapidement dans ce litige. C'est le 21 novembre que l'Aluminerie de Bécancour s'adressait à elle relativement à «des gestes illégaux visant à ralentir la production pendant la durée de la convention collective». L'organisme a entendu les procureurs des deux parties par voie de conférence téléphonique et a rendu sa décision le même jour.

Au cours des derniers jours, l'employeur avait noté certains comportements de la part de salariés qui ont causé un ralentissement des activités. Rencontre syndicale pendant les heures de travail, coulées non effectuées dans les délais habituels, refus de faire des heures supplémentaires, contrôleurs qui décident d'aller se faire vacciner, ralentissement de la cadence: voilà autant d'événements relevés par la direction.

Et mercredi matin, au moment même où leurs compagnons de travail étaient réunis en assemblée syndicale, une quarantaine de salariés ont quitté leur poste pendant près d'une heure, sortant de l'usine et circulant sur le terrain de l'entreprise.

«Il y a donc eu ralentissement d'activités à l'aluminerie alors que la convention collective est toujours en vigueur et produit ses pleins effets. Ce ralentissement implique plusieurs salariés travaillant dans différents groupes. La manifestation (de mercredi) est clairement collective et visait à ralentir la production», constate le juge Gagnon.

Or, celui-ci rappelle que les ralentissements d'activités sont prohibés durant la durée de la convention collective et tant que le droit de lock-out ou à la grève n'est pas exercé. «Les salariés doivent continuer à fournir leurs services aux mêmes conditions», affirme-t-il.

Selon lui, l'émission de l'ordonnance provisoire est appropriée «compte tenu de l'urgence de la situation».

«En effet, si la situation perdure, les conséquences prévisibles sont majeures et risquent d'entraver la production. La balance des inconvénients penche du côté d'A.B.I.», tranche la Commission des relations du travail.

Bref, l'ordonnance exige de la part des travailleurs un retour à la normale en s'abstenant de ralentir les activités de l'aluminerie. La décision administrative restera en vigueur jusqu'à l'audience sur le fond de l'affaire prévue le 4 décembre prochain à Trois-Rivières.

Avec la collaboration de Mathieu Lamothe

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