Faillite de Doral: la parole aux créanciers

La première assemblée des créanciers de Doral International... (Photo d'archives Stéphane lessard)

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La première assemblée des créanciers de Doral International se déroulera ce matin.

Photo d'archives Stéphane lessard

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) La première assemblée des créanciers de Doral International se déroulera ce matin, au bureau du syndic Raymond Chabot Grant Thornton de Trois-Rivières.

Benoit Fontaine, responsable de l'actif, présentera alors les hypothèses plausibles, dont celle d'une relance avec un autre groupe québécois. Hier, le syndic travaillait toujours sur ce scénario.

«Ça demeure le plan A», mentionne M. Fontaine. «Il se pourrait qu'à l'assemblée des créanciers, nous disions que nous sommes toujours en négociation et que nous expliquions quelle pourrait être une éventuelle conclusion. Nous pourrions aussi présenter l'entente.»

Les créanciers perdront beaucoup d'argent dans cette faillite. Selon le bilan mis à jour le 25 octobre mais qui reste sujet à changement, Doral International devait tout près de 8,5 millions $ à 182 entreprises ou prêteurs de partout à travers le Canada et les États-Unis.

Or, le mystérieux groupe d'investisseurs serait prêt à allonger 500 000 $ pour reprendre les activités du fabricant de bateaux de plaisance du secteur Grand-Mère, ce qui correspond pratiquement à la valeur des actifs.

S'agira-t-il d'un montant suffisant? Voilà toute la question. Selon le scénario élaboré par Raymond Chabot Grant Thornton, quelques-uns des créanciers garantis prioritaires accepteraient de se partager ce maigre butin.

Au premier rang apparaît l'Agence de revenu du Canada, qui recevrait les 106 268 $ qui sont réclamés. Le ministère du Revenu du Québec obtiendrait 118 732 $, alors que sa réclamation s'élève à 151 218 $. Investissement Québec, qui n'a rien reçu de son prêt de deux millions $ annoncé en grande pompe au moment de la relance en avril 2011, pourrait récupérer 112 500 $, selon le scénario présenté par le syndic.

Le cabinet d'avocats Melançon, Marceau, Grenier et Sciortino obtiendrait les 91 350 $ qui lui sont dus dans cette faillite. La Caisse Desjardins de la Vallée du Saint-Maurice ne récupérerait que 73 651 $ des 800 000 $ investis dans la relance de Doral.

Les autres créanciers garantis, à savoir le Centre local de développement de Shawinigan (150 000 $), le Fonds soutien Mauricie (150 000 $), la Société d'aide au développement des collectivités du Centre-de-la-Mauricie (120 000 $) et WYE Industries (un million $) ne recevraient pas un sou. Le même sort attend évidemment les 173 créanciers non garantis, dont plusieurs fournisseurs de la région.

Les principaux bailleurs de fonds pourraient toujours refuser ce scénario s'ils croient pouvoir récupérer davantage d'argent en procédant à la liquidation des actifs. Ce qui, pour le moment, apparaît peu probable, puisque des frais d'encan et de conservation devraient être engagés, seulement pour encaisser quelques dizaines de milliers de dollars supplémentaires au bout de quelques mois. M. Fontaine croit que le jeu n'en vaut pas la chandelle et c'est pourquoi il prévoit que l'offre du nouvel investisseur sera acceptée.

«Sur le principe, je pense qu'on s'entend», glisse-t-il. «Il reste des détails à régler, mais je crois bien que nous finirons par conclure une transaction avec l'acheteur qui prévoit relancer les activités. Ce ne sera pas de gaieté de coeur, mais je pense que les créanciers accepteront ces montants-là.»

Rappelons que Doral International avait cessé sa production à la mi-mars. L'entreprise s'était placée sous la protection de la Loi sur la faillite et l'insolvabilité le 24 avril. Après quatre prorogations de délai infructueuses pour présenter une proposition à ses créanciers, Doral a finalement déclaré faillite le 25 octobre.

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