Résolu fait une autre victime en fermant sa scierie de Manseau

L'usine de Manseau en 2009 alors qu'elle est...

Agrandir

L'usine de Manseau en 2009 alors qu'elle est venue près de fermer sous la bannière d'AbitibiBowater.

Partager

Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Manseau) Décidément, les jours se suivent et se ressemblent dans le secteur forestier en région. Après l'annonce de la fermeture de la machine numéro 10 à son usine Laurentide de Grand-Mère, entraînant la perte de 111 emplois dès le 26 novembre, voilà que Produits forestiers Résolu fait une autre victime en décidant de mettre fin définitivement à ses opérations à Manseau et ce, à compter du 21 décembre. À quelques jours de Noël, ce sont 21 travailleurs qui se retrouveront au chômage.

Après le couperet qui vient de tomber sur... - image 1.0

Agrandir

Après le couperet qui vient de tomber sur les installations de Résolu à Shawinigan et Manseau, les yeux se tournent maintenant vers la scierie de Rivière-aux-Rats.

«On n'a pas eu le choix. Ça faisait quelque temps qu'elle était remise en question et qu'elle était plus fragile», a expliqué au Nouvelliste le directeur principal aux Affaires publiques chez Résolu au Canada, Pierre Choquette.

Au début de 2009, en pleine crise économique, l'usine avait déjà fait l'objet d'une annonce de fermeture pour une période indéterminée. Mais l'arrivée de nouvelles commandes avait amené la direction à changer d'avis et à maintenir la production à la scierie.

Or, cette fois, les avis de licenciement transmis lundi à la vingtaine d'employés non syndiqués de la rue Saint-Georges ne seront pas levés.

«Nous allons transférer la production à notre usine de deuxième et troisième transformation de Château-Richer pour concentrer le tout sur un site», a précisé M. Choquette.

«Il y aura des mesures de reclassement et on a offert à certains employés un transfert à Château-Richer sur une base volontaire», renchérit-il.

À ce dernier endroit, la capacité de production est trois fois plus importante qu'à Manseau avec 63 millions de pieds-planche.

Informé également lundi de la mauvaise nouvelle par la direction de l'entreprise, le maire de Manseau, Guy St-Pierre, s'est dit surpris. «C'est la compagnie qui m'a appelé. Je ne m'en attendais pas du tout. Je m'attendais plutôt à des investissements, il y avait même eu de l'embauche, il y avait du bois en masse», a-t-il commenté.

On lui aurait expliqué que ce n'était pas une question de production, mais de produit. Même que le taux d'absentéisme à cette usine était parmi les plus bas.

«Il semble que le prix était le même qu'il y a 20 ans. Il y avait de moins en moins de demande pour les bases de lit et il paraît que le bois et les acariens ne font pas bon ménage», ajoute le premier magistrat.

Évidemment, pour une communauté de 850 personnes, la perte d'une vingtaine d'emplois est significative. D'ailleurs, selon les chroniques historiques de Gaétan Soucy, le vieux moulin à scie, fondé au début du siècle dernier avant de passer aux mains de la compagnie AbitibiBowater au début des années 2000, était traditionnellement considéré comme le pilier de l'emploi à Manseau et l'employeur le plus stable de la municipalité. Celle-ci peut heureusement compter aujourd'hui sur Canneberges Atoka avec ses 75 à 100 emplois, en bordure de l'autoroute 20.

Et la scierie de Rivière-aux-Rats?

Après le couperet qui vient de tomber sur les installations de Résolu à Shawinigan et Manseau, les yeux se tournent maintenant vers la scierie de Rivière-aux-Rats. Doit-on s'inquiéter de son sort?

«La fermeture de la machine numéro 10 chez Laurentide n'aura pas d'impact à court terme», a répondu M. Choquette.

Par contre, à son avis, c'est l'entrée en vigueur du nouveau régime forestier qui crée de l'incertitude. «C'est 40 % de notre bois qui tombera sous la juridiction du Forestier en chef et qui sera mis aux enchères. Ça fera moins de bois en garantie», fait-il savoir.

La semaine dernière, la question du nouveau régime forestier a été abordée lors du congrès de l'Association forestière de la Vallée du Saint-Maurice.

Entre autres, on déplorait le manque actuel d'informations sur les mécanismes de fonctionnement du régime après sa mise en place.

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:1609999:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer