111 emplois perdus chez Laurentide

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À la suite de l'annonce de Produits forestiers Résolu, il ne restera plus que la machine numéro 11 en exploitation chez Laurentide.

Photo: Émilie O'Connor

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) L'annonce qui planait depuis plusieurs mois au-dessus de l'usine Laurentide de Shawinigan est tombée subitement hier matin.

Produits forestiers Résolu confirme finalement l'arrêt «définitif» des activités de la machine numéro 10, provoquant ainsi la perte de 111 emplois. Toutefois, en comptant les tâches vacantes qui devaient être pourvues, 147 postes sont touchés par cette annonce.

Cette décision se concrétisera dans l'usine le 26 novembre, soit pratiquement cinq ans après l'annonce de l'ancienne version de la multinationale, AbitibiBowater, qui avait décidé de sacrifier la papeterie Belgo et ses 560 emplois le 29 novembre 2007.

Par voie de communiqué, le président et chef de la direction de Résolu, Richard Garneau, explique que la décision est fondée sur la demande et la capacité du marché, la force du dollar canadien, les augmentations des coûts de transport et de carburant ainsi que le coût élevé de la fibre.

Sur ce dernier point, Produits forestiers Résolu bénéficiait pourtant d'une entente fort avantageuse pour l'approvisionnement de l'usine Laurentide. Un contrat de cinq ans avait été signé avec le gouvernement du Québec, en 2008, selon lequel le coût de la matière première était réduit de 94 % en moyenne. À ce moment, l'ex-ministre des Ressources naturelles, feu Claude Béchard, avait estimé cette aide à 25 millions de dollars.

Pierre Choquette, directeur principal aux Affaires publiques au Canada pour Produits forestiers Résolu, rappelle toutefois que le contexte changera à compter de l'an prochain. «Nous subirons des baisses d'approvisionnement à partir d'avril 2013», rappelle-t-il. «Le nouveau régime forestier fera en sorte que nous perdrons, en moyenne, 40 % du bois qui nous est garanti présentement. Nous devrons donc nous ajuster à cette réalité.»

Coup de grâce

La machine numéro 10 produisait 125 000 tonnes de papier pour impression commerciale par année. À la suite de cette annonce, il ne restera plus que la machine numéro 11 en exploitation chez Laurentide. Environ 275 employés seront ainsi mobilisés pour produire 225 000 tonnes de papier pour impression commerciale.

Bien que prévisible, la nouvelle a ébranlé la communauté shawiniganaise hier, à commencer évidemment par les employés. Claude Gagnon, représentant national pour le Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier (FTQ), qualifie cette orientation de «mauvaise nouvelle, mais peu surprenante.»

Selon ses premières estimations, environ la moitié des 111 travailleurs directement touchés pourraient bénéficier d'une offre de retraite anticipée, parce qu'ils sont âgés d'au moins 55 ans.

Pourtant, l'été dernier, les tests pour la fabrication d'un grade supérieur de papier semblaient concluants sur la machine numéro 11. Ces essais permettaient de transférer une certaine production sur la machine numéro 10, lui donnant ainsi du galon. À la fin juin, la décision de la multinationale d'interrompre la production d'une machine à papier de son unité de Catawba, en Caroline du Sud, semait aussi un peu d'espoir pour Shawinigan.

Par contre, la reprise de l'exploitation de la division de Dolbeau-Mistassini, le 1er octobre, donnait un indice peu rassurant sur l'avenir de la machine numéro 10.

«La chronique d'une mort annoncée», opine Luc Bouthillier, professeur au département des sciences du bois et de la forêt de l'Université Laval.

De plus, au même moment, la reprise des activités de la Port Hawkesbury Paper, en Nouvelle-Écosse, ajoutait 400 000 tonnes annuellement dans un marché en déclin.

Bien qu'il souligne que plusieurs facteurs doivent être considérés pour expliquer la fermeture de la machine numéro 10 de Laurentide, M. Choquette qualifie de «coup de grâce» cette annonce de production supplémentaire venant de Pacific West.

«Nous sommes dans un marché en décroissance et on ajoute de la production», résume-t-il. «Pour nous, ça devenait impossible de continuer nos efforts sur la machine numéro 10.»

Un avis partagé par M. Gagnon.

«C'est venu tuer tous les espoirs que nous avions», estime-t-il.

Champ libre?

Comme ministre régionale, Julie Boulet se faisait un devoir de suivre de très près Produits forestiers Résolu dans ses plans pour l'usine Laurentide. Étrangement, le couperet tombe quelques semaines après la défaite des libéraux, alors que plusieurs observateurs prédisaient la mise au rancart de cette machine depuis longtemps.

M. Choquette se défend évidemment d'avoir voulu épargner l'ex-gouvernement en retardant cette annonce. «Le contexte politique n'est pas du tout derrière les facteurs qui nous ont amenés à prendre cette décision», commente-t-il. «L'analyse a commencé il y a un an. Je ne crois pas que les gens de la Nouvelle-Écosse aient pensé à l'élection de Julie Boulet quand ils ont redémarré leur usine.»

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