La direction de RockTenn craint que cette modification de zonage n'entraîne le développement d'autres lieux d'hébergement et commercial près de l'usine. La direction a expliqué hier soir aux élus de La Tuque que le changement de zonage et le développement de l'hébergement pourraient entraîner des plaintes concernant le bruit, la poussière et l'odeur.
«C'est un beau projet. On comprend l'attachement des Latuquois envers les deux bâtiments. Mais, nous avons noté une augmentation des plaintes ces dernières années. Nous avons dû investir d'importantes sommes pour nettoyer des maisons de nos voisins. C'est une problématique québécoise», affirme le directeur de l'usine de La Tuque, Pierre Pacarar.
«Nous avons investi énormément pour diminuer les conséquences des activités de l'usine. Mais, c'est un site industriel lourd avec des conséquences.»
M. Pacarar s'inquiète également de la construction de la résidence pour personnes âgées Le Manoir de l'Épervier. «Le site est à côté de notre pille de brans de scie qui produit de la poussière», souligne-t-il.
«On craint le développement d'autres projets comme le Manoir de l'Épervier. Cela va à l'encontre de notre volonté d'avoir une zone tampon», explique le directeur de l'usine de La Tuque, Pierre Pacarar, qui ajoute que la société mère, RockTenn, est au courant de cette situation. «Les sociétés comme RockTenn se demandent si elles sont les bienvenues. Je ne veux pas envoyer ce message à mes patrons. «
La direction de RockTenn ne s'oppose pas à un projet d'hébergement autour de l'usine pour la première fois. Rappelons que Smurfit-Stone, qui était alors propriétaire de l'usine de La Tuque, n'avait pas accepté en 2010 la vente du Brown Community Club à un promoteur montréalais qui voulait acheter et convertir le bâtiment. Une clause vieille de 50 ans permettait à l'usine un droit de regard sur la vente du bâtiment. Craignant des problèmes de cohabitation, l'entreprise avait alors décidé elle-même d'acquérir le Brown Community Club.
Le comité d'urbanisme de La Tuque a approuvé le changement de zonage de ce secteur de la rue Beckler et du Saint-Maurice. Le conseil municipal de La Tuque a accepté hier cette recommandation du comité d'urbanisme et a adopté le règlement de modification de zonage. Toutefois, cette modification de zonage doit être soumise à la population. Les citoyens qui s'opposent à cette résolution doivent signer la demande de référendum du 24 octobre au 1er novembre prochain dans les différents bureaux municipaux de La Tuque.
Le maire de La Tuque, Normand Beaudoin, affirme qu'il ne veut pas nuire à l'usine ni aux promoteurs. «Je vais discuter de la question avec les conseillers», s'est-il contenté de dire après l'intervention du directeur de l'usine RockTenn.