IFFCO confirme sa venue à Bécancour

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Le whip en chef et responsable de la Mauricie et du Centre-du-Québec, Yves-François Blanchet, prenant la parole lors de la conférence de presse à Québec.

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Québec) L'annonce avait beau avoir lieu à Québec, c'était le secret le moins bien gardé des dernières semaines en région. Une usine de production d'urée de 1,2 milliard de dollars devrait donc voir le jour d'ici 2017 à Bécancour à la suite d'une entente d'intention confirmée hier entre La Coop fédérée et IFFCO Canada, en collaboration avec Investissement Québec.

«Il s'agit d'une nouvelle majeure qui aura des répercussions pour la ville de Bécancour, pour le Centre-du-Québec et la Mauricie mais aussi pour tout le Québec», a affirmé le whip en chef du gouvernement et responsable des deux régions, Yves-François Blanchet.

Permettant de produire et de commercialiser de l'engrais azoté, l'investissement devrait générer quelque 1500 emplois durant la construction prévue de 2014 à 2017 et l'usine ferait travailler entre 200 et 300 personnes.

«Ce seront des emplois de qualité», a-t-il indiqué sans pouvoir se prononcer sur les salaires, par rapport aux employés de Gentilly-2.

Interrogé au sujet de l'usage du conditionnel lors de l'annonce, M. Blanchet a rétorqué «qu'on n'a pas le droit de présumer des résultats de chaque étape», même s'il se montre «confiant et enthousiaste». Car après la présente phase de faisabilité, qui devrait coûter 20 millions de dollars, et à laquelle contribue Investissement Québec à concurrence de cinq millions de dollars, il y aura celle relative aux permis environnementaux et aux coûts de construction, sur une durée de 12 à 16 mois. Si le tout est concluant, la production de fertilisants devrait débuter dans cinq ans.

Pour le chef de la direction de La Coop fédérée, Claude Lafleur, l'implication d'IFFCO (Indian Farmers Fertiliser Cooperative) et le choix de Bécancour parmi 50 sites potentiels démontrent le sérieux de l'intention. «S'il y avait un doute, ils ne seraient pas avec nous», soutient-il.

IFFCO a effectivement retenu le site du parc industriel de Bécancour en raison de son emplacement stratégique, son accès à un port et à un chemin de fer, ainsi que de la facilité à s'y approvisionner en gaz naturel. La possibilité d'un partenariat avec La Coop fédérée, société coopérative agricole, l'intérêt des producteurs agricoles nord-américains et le rôle proactif joué par le Gouvernement du Québec ont également été des facteurs décisifs.

«Cet investissement permet à deux grands leaders de l'agriculture et qui mieux est, à deux coopératives (La Coop fédérée et IFFCO), de jouer un rôle central dans une industrie agricole en pleine mutation », a expliqué Dr. U.S. Awasthi, président d'IFFCO.

Avec plus de 50 millions de membres dans 40 000 sociétés membres coopératifs, IFFCO est l'une des plus grandes coopératives d'engrais dans le monde avec un chiffre d'affaires de plus de 5 milliards de dollars. Elle fournit aux producteurs agricoles des engrais de qualité, ainsi que des services. La coopérative opère cinq usines de production d'engrais en Inde et détient des participations dans des usines dans le Sultanat d'Oman, en Jordanie et au Sénégal, en plus d'investir en Australie, au Pérou et en Argentine.

La Coop fédérée agira comme co-investisseur dans cette transaction et distribuera le produit dans son vaste réseau comptant plus de 175 magasins dans plusieurs régions du Canada.

«Nous sommes très fiers

qu'IFFCO ait choisi de faire appel à l'expertise reconnue de La Coop fédérée et ensemble, nous serons en mesure de faire rayonner de façon encore plus éclatante les principes de bénéfices partagés qui animent le mouvement coopératif. Lorsque le produit sera lancé, ce seront tous les producteurs agricoles d'ici qui sauront en profiter. Ce projet permettra au Québec et au Canada de consolider encore davantage son rôle de leader en agriculture et en production de denrées alimentaires », a ajouté Denis Richard, président de La Coop fédérée.

Investissement Québec (IQ), qui a pour mission de contribuer au développement économique du Québec, a joué un rôle de premier plan dans la réussite de cette transaction.

«Toute notre expertise et nos réseaux ont été mis à contribution pour accompagner l'entreprise dans ses démarches et mettre de l'avant les atouts du Québec comme terre d'accueil pour son projet. Investissement Québec a organisé des programmes d'accueil pour les responsables d'IFFCO. Nous avons établi le contact avec différents sites qui réunissaient les avantages et attributs que l'entreprise recherchait. Le choix s'est porté sur Bécancour. Je tiens à féliciter et à remercier les responsables  de la Société du Parc Industriel et Portuaire de Bécancour pour l'accueil positif qu'ils ont démontré à l'égard de ce projet», a soutenu Jacques Daoust, président et chef de la direction d'Investissement Québec.

Si on a voulu profiter du Sommet international des coopératives pour faire l'annonce à Québec, l'exercice sera répété demain à Bécancour.

«L'arrivée d'IFFCO, jumelée à d'autres projets d'investissements et à un fonds de diversification économique de 200 millions de dollars, fera en sorte que l'économie de la région de Bécancour sortira grandie de l'ère du nucléaire», a fait savoir par voie de communiqué la ministre déléguée à la politique industrielle et à la Banque de développement économique du Québec, Mme Élaine Zakaïb.

«Pas ici pour exploiter le gaz de schiste»

Alors que la perspective d'une usine alimentée au gaz de schiste faisait craindre le pire aux opposants de ce type de combustible fossile, le président d'IFFCO, Docteur U.S. Awasthi, a voulu se montrer rassurant.

«On ne recherche pas un type de gaz en particulier. Nous respectons la décision du gouvernement et nous ne sommes pas ici pour exploiter le gaz de schiste», a-t-il affirmé, hier, lors de la conférence de presse tenue à Québec.

Dans un communiqué, la ministre déléguée à la Politique industrielle et à la Banque de développement économique du Québec, Élaine Zakaïb, a indiqué que le projet aura recours au gaz naturel, acheminé par Gaz Métro et provenant d'un réseau de distribution nord-américain.

«Il n'y a aucun lien entre IFFCO et le gaz de schiste au Québec», a conclu le responsable régional au sein du gouvernement Marois, Yves-François Blanchet.

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