C'est que Carnot, une filiale d'Aubin Pélissier, a amélioré une technologie européenne qui permet de remplacer le traditionnel fréon par du CO2 dans les systèmes de réfrigération.
Le fréon libéré dans l'atmosphère lors de fuites accidentelles des systèmes réfrigérants est l'ennemi numéro un de la couche d'ozone. Il s'agit aussi d'un puissant gaz à effet de serre.
«Une livre de fréon équivaut à 1900 livres de CO2 quand il se retrouve dans l'atmosphère», illustre Simon Bérubé, vice-président développement des affaires chez Carnot.
Fait tout à fait inattendu, le CO2, qui est pointé du doigt dans la problématique du réchauffement climatique, est maintenant employé pour générer du froid avec de biens moindres conséquences sur l'atmosphère.
Carnot et son ingénieur, Marc-André Lesmerises, se sont basés sur des technologies européennes existant depuis 1994 pour créer les premiers prototypes d'appareils réfrigérants à base de CO2.
«On les a améliorées de beaucoup. Il y a même des choses que les Européens ne réussissent pas à faire et qu'on réussit ici», signale M. Bérubé.
Pour les entreprises comme les commerces d'alimentation et même pour les centres sportifs qui possèdent une glace intérieure, le système Carnot a le grand avantage d'être beaucoup plus économique en entretien.
C'est qu'une fuite de 1000 livres de fréon coûtera la jolie somme de 18 000 $. Le CO2, lui, ne coûte qu'un dollar la livre.
«L'entretien est donc moins cher», plaide M. Bérubé.
Carnot a déjà vendu plusieurs de ses systèmes aux États-Unis et dans l'Ouest canadien.
Si certains disent que nul n'est prophète dans son pays, c'est loin d'être le cas de Carnot. On retrouve en effet son système chez Sobeys à Trois-Rivières, dans l'entrepôt de fruits et légumes Courchesne et Larose de Ville d'Anjou et au IGA du secteur Cap-de-la-Madeleine, à Trois-Rivières. .
Les coûts de cette technologie ont diminué et se retrouvent maintenant nez à nez avec ceux des systèmes réfrigérants traditionnels.
«Il est possible de convertir un système au fréon en un système Carnot au CO2», explique M. Bérubé.
«Une conversion a été réalisée dans un supermarché en l'espace de 9 mois et en 22 phases», dit-il.
Pour l'instant, Carnot se concentre sur les marchés industriel et commercial. La jeune entreprise emploie 25 personnes et prévoit à court terme tripler, voire quadrupler son nombre d'employés.
Logée dans l'édifice d'Aubin Pélissier, rue Bellefeuille, Carnot aura un nouvel édifice bien à elle juste de l'autre côté de la rue d'ici quelques semaines.