Industrie forestière

Une stratégie de 268 M$ sur cinq ans

Le gouvernement consacrera 268 millions $ pour soutenir... (Photo: Stéphane Lessard)

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Le gouvernement consacrera 268 millions $ pour soutenir la transformation de l'industrie forestière.

Photo: Stéphane Lessard

Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les ministres Clément Gignac, Sam Hamad et Julie Boulet annoncent une stratégie liée à l'industrie québécoise des produits forestiers. Une bonne occasion de voir où en est rendu le dossier de Laurentide, de Kruger et de Gentilly-2.

«Trois-Rivières était la capitale du papier. Mais la Mauricie a su s'adapter et s'ajuster. Et le bois n'est pas un produit du passé, ni dépassé, mais d'avenir.» C'est en ces termes que le ministre des Ressources naturelles et de la Faune, Clément Gignac, a dévoilé, hier, la stratégie 2012-2017 pour transformer l'industrie québécoise des produits forestiers. Celle-ci est accompagnée d'une enveloppe de 268 millions $, dont 170 millions $ proviendront du Fonds Valorisation Bois.

Et l'endroit était tout désigné pour en faire l'annonce provinciale, soit le Musée Boréalis, qui témoigne de l'histoire papetière sur le site de l'ancienne Tripap. Un rendez-vous auquel étaient conviés les grands acteurs d'un secteur plutôt amoché par la crise.

Selon le ministre Gignac, qui a fait allusion à ces vents contraires (valeur du dollar canadien, ère numérique, chute des mises en chantier américaines, etc.), il faut que les entreprises du secteur de la fabrication des produits du bois se diversifient pour moins dépendre d'une économie cyclique et que l'industrie du secteur des pâtes et papiers développe de nouveaux produits et de nouveaux marchés. Et tant le domaine papetier que le monde du sciage doivent exploiter les occasions d'affaires liées à la valorisation énergétique.

«Le gouvernement gère des fonds publics et il n'est pas là pour maintenir artificiellement en vie, à coups de subventions, des machines et des usines qui fermeraient de toute façon dans deux ou trois ans», a-t-il prévenu.

Mais, du même souffle, le ministre Gignac précise que l'État québécois «répond présent» quand on lui parle de coûts de production réduits et de nouveaux produits. Il a cité les cas de Thurso, de Lebel-sur-Quévillon et de White Birch, à Québec.

À l'exception du nombre de bâtiments non résidentiels en bois que l'on veut faire passer de 15 % à 30 % d'ici cinq ans, le gouvernement «n'a pas voulu se lancer dans les chiffres de création d'emplois» par rapport à sa stratégie.

«Jamais un gouvernement n'a supporté autant l'industrie, soit 7 milliards $ depuis 2005, dont 2,8 milliards $ en mesures spéciales», a tenu à signaler le ministre du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation, Sam Hamad.

Sa collègue de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Julie Boulet, n'a pas manqué d'indiquer que les 268 millions $ en question portaient la part d'interventions particulières à 3 milliards $.

Nouveaux marchés

Au fond, la stratégie vise à modifier le secteur de la fabrication des produits du bois, à ouvrir de nouveaux marchés à l'industrie des pâtes et papiers et à favoriser les investissements dans la production bioénergétique. Elle privilégie la diversification pour optimiser la valeur de la fibre de bois. Ainsi, «les résidus d'hier deviennent les occasions d'affaires d'aujourd'hui et de demain», fait-on valoir.

La stratégie facilite l'innovation pour bénéficier d'avantages réels sur les marchés, tels que la mise au point de nouveaux produits comme les papiers intelligents, les bioplastiques et les produits biochimiques. De plus, elle accélère l'adaptation aux exigences de la bioéconomie en exploitant davantage la filière de la biomasse forestière et la filière du bioraffinage.

Le Conseil de l'industrie forestière du Québec (CIFQ) juge que cette stratégie est cohérente avec la vision développée par l'industrie forestière en 2010, relativement aux conditions pour une transformation réussie au cours de la prochaine décennie.

«Toutefois, les industriels devront disposer de la matière ligneuse de qualité en quantité suffisante et à un coût compétitif. À cet effet, il est essentiel que le Québec adopte une stratégie d'aménagement forestier durable qui visera le plein potentiel de cette ressource collective», a conclu le président-directeur général du CIFQ, André Tremblay.

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