M. Lapointe a terminé son séjour à A.B.I. lundi afin de joindre les rangs d'une multinationale. Nommé président et directeur général d'ABI en février 2010, M. Lapointe arrivait de l'Aluminerie de Deschambault, également propriété d'Alcoa.
«C'est un choix personnel de M. Lapointe de poursuivre d'autres défis professionnels avec une multinationale qui n'est pas un concurrent d'A.B.I.», déclare Isabelle Bédard, du service des communications de la compagnie.
Impossible pour l'instant de connaître le nom de cette multinationale, son secteur d'activités ou son emplacement. Mme Bédard préfère être discrète sur ces éléments par respect pour le nouvel employeur de Pierre Lapointe.
Le séjour de Pierre Lapointe à la direction d'A.B.I. a été court, mais a été marqué entre autres par de solides affrontements avec les employés syndiqués. En 2010 et en 2011, la direction avait imposé une réorganisation du travail à la fonderie et au secteur de l'électrolyse. Pierre Lapointe mentionnait à ce moment qu'A.B.I. avait besoin d'une collaboration de ses employés pour atteindre une plus grande flexibilité opérationnelle afin de s'adapter efficacement aux fluctuations du marché et majorer la productivité.
Les relations de travail étaient épicées de mises en demeure et par de la contestation devant la Commission des relations du travail. L'ex-premier ministre péquiste Lucien Bouchard avait été amené en renfort à titre de médiateur.
Le dossier a été réglé en juin 2011. Les syndiqués ont accepté le rapport de M. Bouchard, pavant la voie à la signature d'une nouvelle convention collective qui prendra fin en novembre prochain.
Les négociations pour le renouvellement du contrat de travail seront parmi les dossiers importants sur le bureau de la nouvelle présidente et directrice générale, Nicole Coutu.
Originaire de Maskinongé, Mme Coutu a fait son entrée chez A.B.I. en 1989 à titre de chimiste en environnement. Il y a quatre ans, elle a pris la direction de l'usine d'Alcoa de la Louisiane. Elle est de retour au pays depuis l'été 2011. Elle occupait le poste de directrice de l'exploitation avant de devenir la grande patronne.
«Mme Coutu connaît le procédé de la production d'aluminium, elle connaît l'entreprise, le marché. C'est quelqu'un qui connaît le milieu», ajoute Mme Bédard, en soulignant les qualités de gestionnaire et le sens du leadership de Nicole Coutu.
Cette nomination est bien accueillie par le président du syndicat des employés, Clément Masse.
«Mme Coutu, on la connaît et elle connaît bien l'usine. C'est une bonne nouvelle.»
Pour ce qui est du départ de Pierre Lapointe, M. Masse a refusé de livrer ses commentaires. Il reconnaît que les relations de travail ont été difficiles lors de son arrivée à la direction. Toutefois, le tout s'était replacé au cours des derniers mois, souligne-t-il.