Nouveau sursis pour Doral

Le fabricant de bateaux de plaisance Doral International... (Photo: Émilie O'Connor)

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Le fabricant de bateaux de plaisance Doral International de Shawinigan vient d'obtenir une deuxième prolongation de délai de 45 jours pour présenter une proposition à ses créanciers.

Photo: Émilie O'Connor

Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Le fabricant de bateaux de plaisance Doral International de Shawinigan vient d'obtenir une deuxième prolongation de délai de 45 jours pour présenter une proposition à ses créanciers. L'échéancier est ainsi repoussé au 20 août.

Dans sa requête présentée mardi, Doral avance qu'elle négocie présentement avec un investisseur «extrêmement sérieux», dont la proposition risquerait de satisfaire les créanciers. Mais la première prolongation de délai, qui se terminait hier, ne donnait pas assez de temps à ce nouveau joueur pour présenter une offre détaillée.

Devant ce nouveau développement, la requête en Cour supérieure a été accueillie jeudi. D'ici au 20 août, le syndic Raymond Chabot travaillera avec cet investisseur pour concocter une proposition susceptible d'être acceptée par les créanciers.

Benoit Fontaine, syndic à l'avis d'intention dans ce dossier, ne peut évidemment pas dévoiler les détails entourant cette nouvelle offre. Il confie toutefois que cet investisseur ne fait pas partie des cinq qui avaient signé des ententes de confidentialité au printemps. Pour le moment, ces parties sont écartées du processus de relance.

«Nous avons eu une offre de ces gens, qui a été jugée insatisfaisante», souligne M. Fontaine. «Ce n'était que pour acquérir quelques équipements spécifiques. Il n'était pas question de relance. L'investisseur partait simplement avec quelques moules pour des gros vendeurs.»

Dans le nouveau scénario étudié, le syndic sent que la reprise de la production fait davantage partie du plan.

«Ce n'est pas un investisseur canadien», mentionne M. Fontaine. «Nous avons commencé à nous échanger de la correspondance, sans plus. Les démarches sont encore préliminaires, mais il existe un intérêt pour reprendre l'entreprise. Nous voulons éviter de vendre les actifs en pièces détachées. Nous aimerions que quelqu'un reprenne l'entreprise pour l'exploiter, idéalement à Grand-Mère. C'est le scénario qui est regardé en ce moment.»

M. Fontaine constate que la consolidation de l'industrie marine, qui s'était intensifiée lors de la crise financière en 2008, n'est pas encore terminée. Ces temps difficiles avaient entraîné la faillite de Doral. Les activités avaient été relancées en 2010 et en mai 2011, un prêt de deux millions de dollars était accordé par Investissement Québec au nouveau propriétaire, Denis Poliseno.

«Nous avons contacté beaucoup de gens de l'industrie et on observe qu'un grand nombre d'entre eux sont en difficulté financière en Amérique du Nord», raconte le syndic. «Nous avons reçu des offres d'entreprises qui sont simplement en moins pire situation que Doral! Elles n'ont donc pas les poches pleines.»

Doral, rappelons-le, a déposé un avis d'intention de faire une proposition à ses créanciers le 24 avril. Pas moins de 150 entreprises ou institutions financières au Canada et aux États-Unis tentent de récupérer des comptes en souffrance totalisant 5,4 millions $.

Les neuf créanciers garantis détiennent la plus importante partie de ce montant, soit près de 4,5 millions $. Il s'agit des Agences des douanes et du Revenu du Canada, la Caisse Desjardins de la Vallée-du-Saint-Maurice, le Centre local de développement de Shawinigan, les employés, le Fonds Soutien Mauricie, Investissement Québec, le ministère du Revenu, la Société d'aide au développement des collectivités du Centre-de-la-Mauricie et Wye Industries, partenaire d'affaires de M. Poliseno dans cet épisode de relance pour le moins chancelant.

Réjean Dionne, président du local 173 du Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier (FTQ), affirme que personne n'est tenu au courant des négociations. Plus rien ne bouge à l'intérieur de l'usine depuis le 19 mars.

Des discussions seront entreprises bientôt avec Emploi Québec sur l'opportunité de créer un comité de reclassement. Une cinquantaine de personnes travaillaient chez Doral avant l'arrêt des activités.

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