Le fabricant de bateaux de plaisance doit présenter sa proposition de restructuration d'ici au 6 juillet.
La SADC du Centre-de-la-Mauricie fait partie de la liste des neuf créanciers garantis. M. Charlebois ne connaît pas les plans précis du propriétaire Denis Poliseno, mais chose certaine, l'organisme qu'il dirige ne remettra pas un sou dans cette relance.
«On va voir comment ça va se finir, mais je ne suis pas très encouragé», convient-il.
«À moins qu'il y ait un acheteur, parce qu'il semble que la valeur du nom demeure très forte. Même si on se faisait remettre de la pression pour investir, c'est sûr que notre tour est passé. Nous avons voulu donner une chance, mais la relation de confiance n'est plus là.»
Si jamais l'entreprise ne parvient pas à reprendre son envol dans le secteur Grand-Mère, cette déconfiture fera jaser longtemps. Rappelons qu'Investissement Québec avait consenti un prêt de deux millions de dollars pour ce projet, un montant conditionnel à ce que le milieu avance 400 000 $.
Il s'agissait même de la première annonce majeure de la nouvelle société d'État fusionnée avec la Société générale de financement.
À peine quelques semaines après cette injection massive de fonds publics, les employés voyaient leurs cotisations syndicales retenues.
«C'est le genre de dossier qu'on a étudié en se disant qu'on pouvait maintenir un nombre important d'emplois», mentionneM. Charlebois. «Si on n'avait regardé que sur le plan financier, on l'aurait refusé.»
Le directeur général ajoute qu'IQ avait sans doute réalisé les vérifications pertinentes avant d'avancer une telle somme à un homme d'affaires qui ne possédait aucune expérience dans le milieu industriel. L'intérêt de la société d'État pour cette relance avait conforté les organismes locaux comme la SADC, le CLD et le Fonds Soutien Mauricie.
Succès
Les problèmes de Doral s'ajoutent aux nombreux autres rencontrés dans l'industrie manufacturière traditionnelle au cours des dernières années dans la région.
Par contre, M. Charlebois fait remarquer que des emplois intéressants sont offerts dans des secteurs de haute technologie.
«Nous avons eu beaucoup de dossiers intéressants en informatique et dans les services spécialisés, comme la géomatique, au cours des dernières années», explique-t-il.
«J'y vois un signe de la conversion de notre économie. Le secteur de l'électronique n'est pas si connu à Shawinigan. Mais par exemple, HDI, Synapse et surtout, Kongsberg Automotive travaillent sur des projets très importants.»
«Aujourd'hui, la croissance passe beaucoup par la recherche et le développement», observe M. Charlebois.
«Ce n'est pas une question de gros volume. Ce qui démarque ces entreprises, c'est qu'elles font leur développement à l'interne. Elles peuvent fournir des produits très spécifiques à leurs clients, particulièrement dans le domaine des transports.»