Le géant de la métallurgie a en effet retenu le site de Bécancour, qui était en compétition avec trois autres endroits dans le monde, pour mener une étude de préfaisabilité du projet d'usine où sera produit du pigment de titane, une composante entrant dans la fabrication de la peinture. Les dirigeants ont pris cette décision lors d'une réunion du conseil d'administration qui s'est déroulée en soirée mercredi, à Londres en Angleterre. Le gouvernement du Québec en a été informé en matinée hier.
Le ministre du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation, Sam Hamad, la ministre responsable de la région, Julie Boulet, ainsi que les députés Danielle Saint-Amand et Jean-Paul Diamond se sont joints au nouveau président et directeur général de la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour, Maurice Richard, pour faire l'annonce de cette importante nouvelle. La compagnie a quant à elle convoqué ses employés de son autre usine du Québec, qui est située à Sorel-Tracy, au cours de la matinée pour leur faire part de cette décision.
«On savait que la réponse allait arriver d'ici la fin juin. Il y a eu plusieurs rencontres au cours des dernières semaines avec les représentants. Comme le minerai qui sera transformé arrivera d'Afrique, c'est le positionnement portuaire de Bécancour qui a été déterminant. Il va y avoir un convoyeur qui va desservir directement l'usine. C'était primordial», explique pdg de la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour.
Même si la première pelletée de terre, qui devrait se faire en 2014 si le projet se concrétise, est encore loin, le ministre Hamad et M. Richard sont très confiants que l'étude de préfaisabilité qui sera faite au coût de 85 millions de dollars aura une suite.
«Il y a au-delà de 50 millions de dollars qui ont déjà été investis au moment où on se parle. C'était seulement pour se préparer à l'étude. J'ai vu au cours des dernières semaines le sérieux de ces gens-là. C'est un projet qu'ils veulent. Je crois donc fermement à ce dossier-là», assure M. Richard.
«Nous avons supporté l'entreprise dans ses démarches et je peux assurer la direction de Rio Tinto du soutien et de la collaboration du gouvernement au cours des différentes étapes qui pourront mener à l'accomplissement de ce projet d'envergure», mentionne Sam Hamad.
La ministre responsable de la région de la Mauricie, Julie Boulet, a quant à elle rappelé que de tels projets ont une importance capitale pour la région.
«C'est une annonce significative pour le Québec et la région. Quatre cents emplois de qualité, c'est loin d'être négligeable. C'est beaucoup. J'ai parlé avec le président de Rio Tinto Fer et Titane et je lui ai dit que nous allions avoir une main-d'oeuvre disponible et qualifiée pour répondre à ses besoins. La main-d'oeuvre, c'est la force et la richesse d'une entreprise et c'est une notion qui est importante pour cette entreprise», affirme Mme Boulet.
Pour l'instant, l'entreprise n'a pas encore arrêté son choix sur le terrain du parc où elle pourrait construire son complexe industriel. Mais comme l'usine sera alimentée en minerai par un convoyeur, cette dernière devra être à proximité du port, et du même coup, du fleuve.
L'étude de préfaisabilité s'inscrit dans le projet TIO4, un programme mondial mis sur pied par Rio Tinto pour évaluer les possibilités d'accroissement de ses opérations minières et de transformation. Cette phase d'analyses préliminaires se poursuivra jusqu'en 2013.
Pour évaluer les possibilités
L'entreprise soutient de son côté que l'étape de l'étude de préfaisabilité est essentielle à la réalisation du projet. La porte-parole, Claudine Gagnon, n'a donc pas voulu s'avancer sur les chances que cette usine soit construite un jour à Bécancour.
«Nous voulons voir si le projet peut se poursuivre. L'étude touchera à plusieurs volets, notamment environnemental et technique. C'est dans le processus de préfaisabilité, qui fait partie des phases d'ingénierie, que l'on peut valider ce que nos analyses précédentes nous démontraient. Nous voulons voir tous les aspects du projet, notamment les avantages, les inconvénients et les risques. Ce sont ces études qui vont permettre aux dirigeants de prendre les bonnes décisions. Nous fonctionnons toujours comme ça, et ce, pour tous nos projets», explique la porte-parole.