«La lutte pour la survie de l'usine de Trois-Rivières est loin d'être gagnée. L'entente que les membres de l'une de vos sections locales ont choisi de rejeter est absolument essentielle pour améliorer la compétitivité de l'usine», explique, dans cette lettre, Daniel Archambault, vice-président exécutif et chef de l'exploitation de Kruger. «Malgré l'amélioration récente de son rendement, l'usine fait face à des défis de taille dans une industrie en déclin. Seules les usines les plus compétitives survivront», peut-on aussi y lire.
Dans cette lettre obtenue par Le Nouvelliste, la direction de Kruger dit vouloir exprimer sa «plus grande déception» et «mettre en lumière l'impact que ce rejet pourrait avoir sur l'avenir de l'usine de Trois-Rivières».
L'entente rejetée aurait permis de lutter à armes égales contre ses compétiteurs, plaide Kruger. «Il en va de la viabilité même de nos opérations.»
Rappelons que le renouvellement de la convention collective a frappé un mur le 7 mai dernier alors que la section locale 136 du SCEP a rejeté l'entente de principe. Depuis, c'est l'impasse.
Les travailleurs en ont notamment contre les diminutions salariales de 10 % proposées par l'employeur. «Il est évident qu'une concession salariale n'est jamais un choix qui se fait avec enthousiasme, tout comme il n'est jamais enviable pour une entreprise d'essuyer des pertes, de réduire ses activités ou de voir un de ses secteurs d'activités décroître. Mais nous devons faire face à la réalité de l'industrie. Aucune entreprise n'échappe à l'impératif de la rentabilité qui est essentielle à sa survie. Et pour être rentable, une entreprise doit être compétitive», fait valoir M. Archambault.
«À l'heure actuelle, l'entente-cadre conclue par nos concurrents avec leurs employés leur procure des avantages indéniables. Si nous n'arrivons pas à conclure une entente similaire, il nous sera impossible de les concurrencer. Ce point a été clairement indiqué à vos représentants syndicaux.»
Kruger mentionne également qu'elle a aussi fait sa part en puisant dans les liquidités générées par ses autres secteurs d'activités afin de passer au travers cette période difficile pour les pâtes et papiers.
M. Archambault rappelle aussi que les compétiteurs de Kruger «ont diminué considérablement leur niveau d'endettement, en bénéficiant, par surcroît, de tous les autres avantages que leur a conférés la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies». Kruger a pour sa part honoré toutes ses obligations financières, notamment en versant les indemnités de départ aux employés remerciés, souligne-t-il dans la lettre.
«Nous souhaitons que les employés de la section locale 136 puissent reconsidérer leur position le plus tôt possible», conclut-il.