Un cow-boy entrepreneur

Pierre Langevin, devant la grande remorque à chevaux... (Photo: Louise Plante)

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Pierre Langevin, devant la grande remorque à chevaux dont il a transformé l'avant en espace habitable.

Photo: Louise Plante

Louise Plante
Le Nouvelliste

(Saint-Tite) On ne peut nier que la région de Mékinac connaît déjà un développement exceptionnel sur le plan équestre. Au point qu'on commence à en voir les retombées indirectes. Des agriculteurs se sont mis à produire du fourrage pour les chevaux en plus de leur production habituelle, de nouveaux maréchaux ferrants ont ouvert leurs portes et des gens d'affaires déjà en place ont modifié légèrement leurs produits pour répondre à une nouvelle demande.

C'est le cas de Pierre Langevin, spécialisé dans l'entretien de remorques, qui vient de se lancer dans la transformation de grandes remorques à chevaux pour y aménager un espace habitable (living quarter horse trailer) pour leurs propriétaires mordus de rodéo comme lui.

Lors du passage du Nouvelliste sur le chemin Moreau à Saint-Tite, M. Langevin venait tout juste de terminer une commande. Comme c'est souvent le cas, il avait carte blanche pour faire «quelque chose de beau», comme lui avait demandé son client. Cela s'est terminé en habitacle d'inspiration ranch avec portes d'armoires recouvertes de peaux de vache authentiques... et le reste à l'avenant dans des tons de marron foncé.

Tout y était: grand lit, table, sièges, réfrigérateur, ronds de poêle et évier et même, du côté des chevaux à l'arrière de l'énorme remorque qui peut transporter jusqu'à cinq bêtes, une «petite douche de cow-boy» suivant l'expression même de M. Langevin. Yep! rien ne vaut un cow-boy pour connaître les besoins... et les goûts d'un autre cow-boy.

«Je ne fabrique pas la remorque à attelage à col de signe, comme celle-ci, précise-t-il. Seulement l'espace habitable que j'aménage dans la partie de la remorque qui s'appelle un «Tack room» et qui sert normalement à ranger l'équipement des chevaux ou du foin. Je pars de zéro. Il n'y avait pas de fenêtres en avant. Je fais l'isolation, le filage, le système de propane, la plomberie, la finition, les meubles sur mesure. Dans les rodéos, c'est rare qu'on va camper dans un centre-ville. Alors c'est idéal de pouvoir coucher au même endroit que ses chevaux. On peut avoir l'oeil dessus avec un campeur comme ça.»

M. Langevin sait de quoi il parle. Amateur de rodéo, il aime faire des compétitions de prise de veau au lasso. Il a été pendant 13 ans directeur de manège pour le Festival western de Saint-Tite et a même été directeur des premiers shows de l'Amerian Professionnal Rodeo Association. Des shows qui ont remporté les premiers trophées pour les rodéos à l'extérieur en Amérique du Nord. Il a aussi travaillé plusieurs années dans le secteur automobile (mécanique et vente).

Son travail actuel est donc une fusion de ses expériences professionnelles... et de son goût personnel pour le rodéo, naturellement. «Tu viens au monde de même, s'explique-t-il. Tu ne deviens pas cow-boy. Tu l'es». Et lui, fils de soudeur, il est né «de même». Il a encore des photos de lui, bambin, avec ses deux guns sur les hanches. «Je suis le seul de la famille comme ça», assure-t-il en riant.

Il faut voir son installation privée pour ses pratiques de même que ses chevaux pour comprendre. C'est d'ailleurs sa renommée de cow-boy dans tout l'Est du Canada qui lui amène des clients confiants car ils savent qu'il connaît bien leurs besoins. «Je pense qu'au Québec je suis le seul à faire ça. Il faut compter plusieurs mois pour faire un espace habitable. Je ne pense pas en faire beaucoup dans une année. Cela dit, c'est un besoin grandissant au Québec. Souvent, les gens sont obligés d'aller aux État-Unis pour avoir l'équivalent», conclut-il.

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