Rappelons que le 24 avril, l'entreprise a déposé un avis d'intention de faire une proposition à ses créanciers, comme le prévoit la Loi sur la faillite et l'insolvabilité. Elle disposait alors d'une période de 30 jours pour soumettre son plan, mais la semaine dernière, la Cour acceptait de prolonger le suspense jusqu'au 6 juillet.
Doral doit rencontrer des obligations garanties de près de 4,5 millions de dollars sur des créances totales de 5,4 millions $. Elles sont réparties dans quelque 150 entreprises au Québec, en Ontario et aux États-Unis principalement.
Dans la requête présentée le 22 mai, Doral indique que depuis le début des recherches du syndic Raymond Chabot, «cinq investisseurs potentiels ont signé des ententes de confidentialité». L'entreprise souligne cependant que le délai initial de 30 jours était trop serré et ne lui permettait pas de déposer une proposition.
Le document souligne aussi que Doral négocie particulièrement avec la Caisse Desjardins Vallée du Saint-Maurice afin de convenir d'une entente pour utiliser le produit de certaines ventes pour payer les mesures conservatoires et les honoraires professionnels.
L'institution financière détient une créance de 800 000 $ dans ce dossier. La plus élevée appartient toutefois à Investissement Québec, un prêt garanti de deux millions de dollars qui avait été versé en grande pompe en avril 2011 pour saluer la relance du fabricant de bateaux de plaisance.
Le président du local 137 du Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier (FTQ), Réjean Dionne, indique que les employés mis à pied reçoivent très peu d'information sur l'état de ce dossier. Une cinquantaine de travailleurs demeurent sur la touche depuis deux mois.
La Commission des relations de travail a déjà ordonné à l'employeur de remettre au syndicat le montant des cotisations retenues depuis mai 2011, ce qui représente environ 11 600 $. Doral a aussi omis de remettre la quote-part des assurances, d'où la réclamation de 37 000 $ de la Sun Life.
Le président de Doral, Denis Poliseno, a toujours soutenu que son entreprise ne souffrait pas d'un problème de commandes, mais de liquidités à court terme. Au début de l'année, il avait souligné la fabrication du premier modèle Alegria depuis qu'il avait pris les guides de l'entreprise, en juin 2010.