«Il y a une équipe qui regarde ça. C'est un gros changement de culture chez Marmen», a admis le vice-président, exploitation, Vincent Trudel, lors d'une activité industrielle organisée par la Chambre de commerce et d'industries de Trois-Rivières.
Selon lui, la crise financière de 2008 n'est pas terminée. «Dans l'industrie lourde, ce sont des projets de longue haleine. On n'est pas frappé de manière instantanée. C'est encore très difficile», avoue-t-il en raison de l'absence de croissance aux États-Unis.
«On croit encore au manufacturier, on est prudent, mais inquiet. C'est sûr que ce n'est pas facile», renchérit-il.
Car outre une compétition accrue, la force du dollar canadien et l'impact de l'Asie figurent également sur sa liste de défis à relever. «Tout le monde sous-estime la Chine», fait-il remarquer, donnant l'exemple de l'industrie automobile qui y monte en flèche contrairement au marché américain.
Actuellement, 80 % des pièces s'en vont déjà en Chine, au Moyen-Orient et au Brésil via les États-Unis.
«En Amérique du Nord, l'énergie est notre marché numéro un, le pétrole et le gaz sont très importants pour Marmen et les mines, un secteur de croissance», a énuméré le conférencier du jour, l'éolien étant le seul marché «local», étant au Québec, en Ontario et au nord des États-Unis.
Même si «ça fait des années qu'on est là-bas», il s'attend à ce que le Plan Nord stimule les affaires minières. «On analyse le marché», indique celui qui veut se bâtir une équipe d'une centaine de spécialistes.
Au plan stratégique, la direction de Marmen veut consolider ses grands pôles tout en réduisant ses coûts, sans oublier la valeur ajoutée.
«Il ne faut rien prendre pour acquis, on n'a fait des mises à pied que deux fois, dont la dernière en 2003», a-t-il confié.
L'importance du client et la capacité à s'adapter aux marchés font partie des autres leçons qu'il a bien voulues partager avant d'ajouter qu'il y a désormais «avant et après 2008».
Fondée par Fernand Pellerin, cette entreprise sous-traitante de l'industrie lourde fait de la fabrication, de l'usinage et de l'assemblage mécanique. Le vice-président, exploitation, a expliqué comment Marmen avait agrandi son champ d'action au fil des ans, se dotant tantôt d'une équipe de direction, tantôt d'un département des ventes, en passant par un département des achats.
«On n'a pas eu le choix de construire une usine à Matane en 2005. Et gérer à distance, ce n'est pas si pire que ça», constate M. Trudel.
Si l'approche-client, l'exécution et la mobilisation du personnel sont autant de forces chez Marmen, l'intégrité, l'engagement, le sens de l'équipe, l'amour du travail et l'intelligence au travail s'inscrivent dans les valeurs de l'entreprise.
«Notre but, c'est d'être les meilleurs et non pas d'être 1000 employés», a-t-il affirmé.
Et dans une vidéo de présentation à saveur historique et humaine, Fernand Pellerin se dit fier d'être entouré de personnes exceptionnelles, rendant hommage du même coup à son épouse Pâquerette Marmen.