La communauté entrepreneuriale de Shawinigan en marche

Le premier bilan du plan stratégique 2010-2014 de... (Photo: Émilie O'Connor)

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Le premier bilan du plan stratégique 2010-2014 de la Communauté entrepreneuriale de Shawinigan a été bien accueilli hier. De gauche à droite: Joanie Rollin (chargée de projet à la Fondation de l'entrepreneurship), Paul-Arthur Fortin (conférencier), Denis Morin (coordonnateur de la CES) et Michel Angers (maire de Shawinigan).

Photo: Émilie O'Connor

Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) La création de la Communauté entrepreneuriale de Shawinigan en 2009 permet déjà de dégager des tendances encourageantes. En effet, 67 des 90 initiatives proposées pour développer le goût d'entreprendre ont été amorcées et les acteurs impliqués dans la démarche en connaissent plus long sur les initiatives mises de l'avant sur leur territoire.

Ce premier bilan a été présenté aux intervenants concernés hier, à l'Auberge Gouverneur. Le maire de Shawinigan, Michel Angers, se réjouit du chemin parcouru en si peu de temps, qui démontre l'importance du virage entrepreneurial qui s'opère.

Le plan stratégique 2010-2014 regroupe 26 objectifs réunis autour de dix thèmes pour lesquels 90 actions à poser ont été convenues. Ce menu costaud s'est articulé à partir de trois grands champs d'action, à savoir la mobilisation, l'éducation et la communication autour de l'activité entrepreneuriale.

Parmi les gestes déjà posés, notons l'organisation du Déjeuner des bons coups de la Corporation de développement communautaire, l'activité Toute la ville en parle PME de la Chambre de commerce et d'industrie de Shawinigan, le Déjeuner des intrapreneurs, la création d'outils en entrepreneuriat du Carrefour jeunesse emploi de Shawinigan ou le projet Découvre ta place de la Société d'aide au développement des collectivités du Centre-de-la-Mauricie.

«Il y a trois ans, 5 % de la clientèle scolaire au primaire et au secondaire réalisait un projet entrepreneurial au cours de l'année», précise Denis Morin, coordonnateur de la Communauté entrepreneuriale de Shawinigan. «Actuellement, 17,9 % en ont vécu une. Notre cible est établie à 20 %.»

Cette année, l'ouverture du Centre d'entrepreneuriat Shawinigan, dans l'ancienne Wabasso, constituera une autre action marquante du plan stratégique. La CES vise 500 adultes en formation de lancement d'entreprise et l'accompagnement des projets sur cinq ans.

Meilleure connaissance

De son côté, la Fondation de l'entrepreneurship a réalisé un sondage, en début d'année, sur la connaissance des pratiques entrepreneuriales des acteurs locaux. Bonne nouvelle, les résultats se sont améliorés par rapport à 2010.

Ainsi, parmi 45 pratiques énumérées dans le cadre de ce sondage, une moyenne de 62 % des gens interrogés les connaissaient. En tête de liste apparaissent la Formation lancement d'entreprise (100 %), le Fonds d'investissement SADC (97 %) et le Gala Distinction Desjardins (97 %). En 2010, les 33 pratiques proposées étaient connues par une moyenne de 52 % des répondants.

Par ailleurs, 32 % des participants ont mentionné être ponctuellement ou très impliqués dans les pratiques sondées. Là encore, il s'agit d'une hausse par rapport à 2010, alors que ce degré d'engagement s'élevait à 26 %.

Enfin, 97 % des Shawiniganais jugent très important l'entrepreneuriat pour le développement et la prospérité de Shawinigan. En 2010, 83 % des gens interrogés exprimaient cette opinion.

«Les actions posées par la Communauté entrepreneuriale de Shawinigan portent fruit», se réjouit Joanie Rollin, chargée de projet en entrepreneuriat et innovation à la fondation.

La CES a aussi profité de la présentation de ce bilan pour inviter Paul-Arthur Fortin, une sommité dans le domaine de l'entrepreneuriat au Québec. Né à Jonquière, le conférencier connaît bien la dépendance à la grande industrie de laquelle Shawinigan doit s'affranchir.

«En 1962, Jean Lesage disait que le problème le plus important au Québec était que l'économie ne nous appartenait pas», rappelle-t-il. «C'est moins vrai, mais c'est encore vrai. Il faut se rendre compte que nous avons tout ce qu'il faut pour créer les entreprises dont nous avons besoin.»

Un électrochoc comme la fermeture de la Belgo produit inévitablement ce genre de réflexion, mais M. Fortin préfère une évolution plus progressive des mentalités.

«Il faut prévenir», souhaite-t-il. «Il faut que le citoyen se réapproprie les choses plutôt que dépendre de l'état qui étouffe. Ça s'applique à plusieurs domaines et c'est pourquoi on parle de culture. Il faut faire des ajustements, mais nous nous épanouirons à travers ça. C'est préférable être maître chez nous que dépendant!»

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