La direction avait invité de nombreux partenaires à célébrer sa réussite pour un 5 à 7. À peine arrivé de Dubaï, le propriétaire a bien voulu partager, pour une rare fois, les sentiments qui l'habitent après avoir parié qu'avec des investissements qui s'établissent maintenant autour de dix millions de dollars, les amateurs de glisse tomberaient à nouveau en amour avec la principale station de ski en Mauricie.
En 2011-2012, le chiffre d'affaires de Vallée du Parc progressera d'environ 25 % pour une troisième année de suite. Depuis 2009, le nombre de membres est passé de 900 à 3400, dont les 500 abonnés de la station de ski de Mont-Carmel qui a fermé ses portes sans avertissement en janvier.
Bien que la saison se soit amorcée un peu tard, les portes n'ont été fermées que l'équivalent d'une demi-journée jusqu'à maintenant en raison du mauvais temps. Si Dame nature continue de collaborer, M. Gauthier souhaite que la station demeure ouverte jusqu'à la mi-avril, afin de permettre aux amateurs de glisse de profiter des chauds rayons du soleil sur la nouvelle terrasse après une journée de ski de printemps.
Avec encore deux millions de dollars investis au cours de la dernière année et 225 employés au plus fort de la saison, le Shawiniganais n'affiche pas la mine de quelqu'un qui regrette sa décision quand il observe discrètement la jeune relève s'éclater sur les pentes.
«Je suis fier parce que les gens sont fiers», constate-t-il. «Dans mon esprit, il n'y avait pas d'incertitude. Pendant 25 ou 30 ans, j'avais vu aller la Vallée du Parc en habitant ici. J'ai vu les belles années. Si vous investissez et que vous faites bien les choses, les gens vont venir.»
Pour Claude Gauthier, il s'agissait d'un projet un peu sentimental. Il ne pouvait se raisonner à laisser le centre fermer ses portes, faute d'investisseur pour prendre la relève de la famille Matteau. Même si des proches lui déconseillaient de se lancer dans une industrie qui semblait en perte de vitesse, il a décidé de plonger dans l'aventure et pas à moitié.
Télésiège quadruple, tapis de remontée pour l'école de ski, transformation du chalet, système d'enneigement artificiel plus performant, éclairage amélioré, nouvelle boutique de location, heures d'ouverture allongées. Le centre a connu une véritable résurrection.
«Il y en a beaucoup de fait, mais il reste tellement de travail à faire!», sourit M. Gauthier. «Nous avons tellement de projet que c'en est presque décourageant! Je ne sais pas si nous réussirons à passer au travers.»
Pour la prochaine saison qui marquera le 40e anniversaire d'exploitation du centre, le nombre de canons à neige sera doublé avec l'achat de 53 autres unités. Une nouvelle station de pompage sera également aménagée. L'éclairage sera encore amélioré et les glissades sur tubes feront leur entrée. Enfin, il faudra trouver un moyen d'agrandir le stationnement, qui déborde le long de la route en période de forte affluence.
Depuis trois ans, le directeur général, Alain Beauparlant, s'occupe d'apporter les idées les plus folles. Aucune d'elles n'est écartée pour le moment, que ce soit un parc aquatique intérieur ou un terrain de golf haut de gamme. Mais M. Gauthier tient à compléter la remise à niveau de la station de ski avant de se lancer sur l'exploitation de cette immense propriété douze mois par année.
«J'ai dit à Alain de prendre son auto et d'aller voir ce qui se fait ailleurs», explique M. Gauthier. «Nous déciderons après ça.»
«Si nous exploitons pendant quatre saisons, il faudra de l'habitation autour», renchérit le directeur général. «On ne peut pas planter un parc aquatique si on ne peut pas héberger le monde autour. Il faut que ce soit un projet intégré et il faut prendre le temps de bien le faire. Pour se démarquer, il faudra passer de la station régionale à la destination.»