SAQ: La meilleure offre au meilleur emplacement

Le président et chef de la direction de... (PHOTO: FRANÇOIS GERVAIS)

Agrandir

Le président et chef de la direction de la SAQ, Philippe Duval.

PHOTO: FRANÇOIS GERVAIS

Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Malgré le tollé soulevé par la fermeture de succursales de la Société des alcools du Québec dans les centres-villes de Shawinigan, et bientôt, Trois-Rivières, le grand patron persiste et signe: avoir la meilleure offre de produits possible au meilleur emplacement possible demeure l'objectif visé.

«On a une préoccupation d'équité au plan de la rentabilité. Mais quand on peut participer à l'essor des centres-villes, on le fait, comme à Saint-Jérôme», a confié Philippe Duval au terme de son allocution devant les membres de la Chambre de commerce et d'industries trifluvienne.

Il a d'ailleurs profité de cette tribune pour rappeler les facteurs qui sont pris en considération dans les études de marché: la présence de pôles commerciaux, l'achalandage, la complémentarité des commerces voisins et l'accessibilité du lieu.

«Et cela nous mène à différents scénarios: de nouvelles succursales voient le jour, d'autres peuvent être réaménagées, relocalisées, fermées ou fusionnées et certaines peuvent changer de bannière», a-t-il expliqué.

Peu importe le scénario retenu, «le client demeure au centre de nos préoccupations», affirme le président et chef de la direction. Et selon les études réalisées «en profondeur», la clientèle de la succursale de la rue des Forges, à Trois-Rivières, «voulait avoir un changement, un plus grand accès». «Je peux comprendre les gens d'être déçus, mais la grande majorité va être gagnante», a-t-il assuré auprès des médias. En ce sens, le nouvel emplacement à Shawinigan est «un cas patent» de réussite.

Celui-ci a souligné l'importance d'avoir des points de vente situés aux bons endroits, d'où ce plan de déploiement des succursales qui tient compte des goûts des consommateurs et de l'évolution de l'activité économique dans les communautés. «Notre équipe du Développement immobilier effectue une vigie constante et rigoureuse du réseau de magasins et d'agences. La situation de chaque succursale est systématiquement analysée lorsque son bail vient à échéance», a-t-il décrit.

Ainsi, en 2012-2013, la SAQ investira 13 millions de dollars dans son réseau de magasins. «Et Trois-Rivières fait partie des villes qui bénéficieront de ces investissements», a-t-il fièrement annoncé aux gens de la Chambre.

En effet, la future succursale de la rue Saint-Maurice nécessitera des investissements d'un quart de million de dollars. Et les délais dans la réalisation de l'immeuble devant recevoir la SAQ n'inquiète pas M. Duval. Le propriétaire des lieux, le Regroupement des bingos de Trois-Rivières, attend toujours les résultats des études de sols avant de se lancer dans la construction.

«On se donne 12 mois, mais les succursales de la rue des Forges et de la rue Laviolette ne fermeront pas tant que la nouvelle ne sera pas ouverte», a-t-il tenu à indiquer.

Selon lui, la concentration de leurs activités au même endroit sur la rue Saint-Maurice permettra d'offrir une succursale au goût du jour, mieux située, avec plus de 5200 pieds carrés de superficie, plus de places de stationnement et une sélection de quelque

1000 produits. «Vous y reconnaîtrez les mêmes conseillers chevronnés pour vous guider dans vos achats», a-t-il fait savoir, confirmant du même coup que cette fusion de magasins n'impliquait pas de pertes d'emplois.

Le conférencier du jour a donc évoqué le plan de déploiement pour justifier pareil emplacement. «Cela nous a permis de constater qu'une succursale à cet endroit plairait à un plus grand nombre de clients», a-t-il réaffirmé.

Comme autre avantage, la SAQ peut ainsi passer de propriétaire à locataire. «C'est un atout indéniable quand on désire être plus flexible afin de pouvoir suivre nos clients là où ils se trouvent, là où ils s'attendent à nous trouver», poursuit M. Duval.

Ce nouveau point de vente s'ajoutera donc à l'offre «déjà importante» dont Trois-Rivières dispose. «On n'a qu'à penser à la Sélection sur la rue Jacques-de-Labadie, qui vous propose déjà le nouveau concept, à la succursale Dépôt du boulevard des Récollets, une de seulement six au Québec, qui complète de belle façon notre offre de produits dans le réseau. Sans oublier les autres succursales SAQ réparties à travers la ville», s'est-il plu à énumérer en conclusion.

Les virages et défis de la SAQ

Au cours des 12 dernières années, la SAQ a connu sa plus grande transformation en entreprenant trois virages majeurs: commercial, performance, gouvernance.

Si dans le premier cas, la société d'État est passée d'une culture de contrôle à une culture de service, dans le second, les employés, fournisseurs et clients sont passés d'une culture de service public à une culture de vente au détail.

Et dans le troisième cas, le virage gouvernance a conduit à une refonte en profondeur des processus d'intervention et d'évaluation.

Après 90 ans, la SAQ, c'est un réseau de plus de 410 succursales, 395 agences et un site transactionnel, SAQ.com, c'est plus de 11 000 produits offerts par 7500 employés, c'est des ventes nettes de 2,6 milliards de dollars avec un dividende de plus de 914 millions de dollars transmis à son actionnaire, le gouvernement du Québec.

Et la vision du président et chef de la direction, Philippe Duval, pour la SAQ? Devenir un leader mondial en sélection et en vente de vins et spiritueux.

Mais, du même souffle, il admet que les pressions sont nombreuses et que cela requiert une gestion rigoureuse et la recherche de solutions novatrices.

«Pour assurer le maintien de notre offre de choix, la SAQ fait déjà face à deux phénomènes non négligeables: les éventuelles limites de sa propre chaîne logistique et la concurrence féroce d'autres pays importateurs de vin et grands distributeurs», a-t-il confié.

Et avec une diminution anticipée de la consommation en raison du vieillissement de la population, «la SAQ devra envisager

de nouvelles pistes de revenus si elle souhaite verser des dividendes en croissance à son actionnaire».

«Notre premier devoir de détaillant est celui de plaire à notre clientèle, indépendamment de notre statut de monopole», conclut celui pour qui chaque rencontre en succursale doit être un rendez-vous avec la découverte, une expérience efficace et conviviale.

 

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer