Alcan: une exploitation sécurisée jusqu'en 2015

Avec les investissements annoncés vendredi, les travailleurs savent... (Photo: Émilie O'Connor)

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Avec les investissements annoncés vendredi, les travailleurs savent maintenant que l'usine poursuivra son exploitation jusqu'en 2015.

Photo: Émilie O'Connor

Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) On peut difficilement garantir quoi que ce soit dans le milieu industriel ces années-ci. Dans ce contexte, le chef des opérations, Métal primaire Amérique du Nord chez Rio Tinto Alcan, Étienne Jacques, s'est permis une annonce significative vendredi.

Dans la foulée du redémarrage des deux salles de cuves, le haut dirigeant a mentionné que les «dizaines de millions de dollars» qui seront investis à l'aluminerie de Shawinigan au cours des prochains mois garantissaient pratiquement son exploitation jusqu'au 31 décembre 2014.

Il s'agit d'un élément important, car depuis la détérioration des conditions du marché en 2009, l'entente de continuité intervenue entre la compagnie et le gouvernement du Québec pour ses usines de Beauharnois et Shawinigan ne tenait plus.

Sur cette base, Rio Tinto Alcan avait fermé prématurément son aluminerie de la Montérégie et à partir de là, l'engagement de maintenir l'exploitation de l'usine du boulevard Saint-Sacrement jusqu'en 2013 au minimum ne tenait plus.

Vendredi après-midi, non seulement M. Jacques a-t-il confirmé le redémarrage des deux séries totalisant 280 cuves, mais également que le spectre d'une fermeture prématurée ne planerait plus sur cette division.

«Cet investissement et le plan qui sera mis en place font en sorte que nous pourrons traverser les cycles économiques d'ici au 31 décembre 2014», avance-t-il. «Avec une volonté de redémarrage, l'organisation et l'optimisation que nous ferons, c'est sûr que ça solidifie la position de Shawinigan jusqu'au 31 décembre 2014.»

Pour la suite des choses cependant, le haut dirigeant s'est refermé comme une huître. Impossible d'en savoir plus sur l'état des scénarios déjà avancés sur la place publique, notamment le maintien d'un centre de coulée autonome.

«Présentement, nous opérons jusqu'au 31 décembre 2014», réitère-t-il. «Pour le reste, nous avons encore du temps pour discuter.»

Julie Boulet, ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale et responsable de la Mauricie, répète qu'il existe une possibilité de négocier avec les ministères de l'Environnement du Québec et du Canada pour prolonger l'exploitation de l'aluminerie au-delà de l'horizon de 2015. Mais il faut d'abord sentir un intérêt de la compagnie, fait-elle remarquer.

«Rendu en 2014, le prix de l'aluminium sera-t-il intéressant pour l'entreprise?», questionne-t-elle. «Si l'entreprise n'a pas de volonté de poursuivre, ça ne donne rien de faire d'autres démarches. L'autre élément, c'est de savoir si on peut demander une extension ou un moratoire sur la date. Mais tout cela reste très hypothétique. On ne peut rien présumer de ce que sera la situation de l'aluminium sur le marché mondial en 2014. Mais si c'est bon, je suis convaincue que nous ferons des tentatives et que nous cognerons aux portes.»

Le président du Syndicat des travailleurs de l'aluminerie Alcan de Shawinigan (CSN), Louis-Gérard Dallaire, mentionne que la volonté exprimée par l'employeur confirme les intentions manifestées lors des négociations de la dernière convention collective, l'automne dernier.

Pour le reste, il demeure réaliste.

«Les équipements sont vieux», rappelle-t-il. «Dépasser 2014, ça demanderait certains investissements. Tant mieux si c'est ça, mais pour le moment, il faut d'abord se rendre là.»

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