Nouvelle-Calédonie: 340 candidats rêvent d'un travail et d'exotisme

Certains ont même partagé la même chaise tellement... (Photo: François Gervais)

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Certains ont même partagé la même chaise tellement la séance d'information pour des emplois en Nouvelle-Calédonie fut courue.

Photo: François Gervais

Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Déjà, en après-midi, la salle de l'hôtel Delta était trop petite avec plus de 150 personnes entassées. En soirée, plus de 190 personnes répondaient à l'invitation. Un bassin de recrutement de plus de 340 candidats...

De toute évidence, les gens du recrutement pour une compagnie minière de la Nouvelle-Calédonie ont le flair pour dénicher des territoires riches en main-d'oeuvre disponible.

Il est vrai qu'à voir des travailleurs de Kruger, Manac et TR Offset assister à cette séance d'information, on comprend vite que Trois-Rivières est plutôt victime de sa réputation de capitale québécoise du chômage.

D'ailleurs, la tournée pourrait bien s'arrêter en sol trifluvien au lieu de se poursuivre à Rouyn-Noranda, Val d'Or et Sept-Îles tellement la réponse fut grande par rapport à la centaine de postes offerts (ingénieurs, techniciens, superviseurs et opérateurs, pour ne nommer que ceux-là).

C'est que la société Koniambo Nickel SAS, une coentreprise de Xstrata Nickel et de la Société minière du Sud Pacifique, est à réaliser l'un des plus grands projets miniers au monde pour une mise en service en 2012. Et l'expérience de travailleurs dans l'industrie lourde, dont le secteur des pâtes et papiers, est recherchée.

«Moi, je suis prêt à aller là jusqu'à 65 ans», confie René Trépanier, un ex-travailleur de l'usine Kruger. L'homme de 50 ans a perdu son emploi l'an dernier lors de la vague massive de mises à pied et ce, après 24 ans.

Étant même retourné aux études, celui-ci bénéficie de l'accompagnement de Maryline Badeau, de la firme Bourassa Brodeur Bellemare, une agente de liaison pour des comités de reclassement fort actifs par les temps qui courent.

Par ailleurs, un ancien employé de l'ex-usine Belgo, à Shawinigan, Raymond Jutras, est aussi prêt à «essayer ça» à 49 ans. Le mécanicien d'entretien de Saint-Étienne-des-Grès aura travaillé pendant 23 ans pour la géante papetière avant de se retrouver en congé forcé.

«J'arrive du Chili au mois de décembre. J'ai gagné ma vie à l'extérieur. Je partirais pour l'Australie», affirme Richard Turner, un opérateur d'équipement lourd de 60 ans, de Shawinigan-Sud, qui a même oeuvré pour une mine de 2002 à 2004.

Tout près, André Pelletier, de Trois-Rivières, manifeste le même intérêt pour la Nouvelle-Calédonie. Il faut dire que Fermont et la Baie James font partie du curriculum vitae de l'homme de 52 ans.

Pour sa part, Maryanne Villeneuve était sur place pour obtenir des renseignements au nom de son époux, Gilles Villeneuve, retenu comme réserviste à Borden. «Nous avons des amis qui sont là-bas pour une quatrième année», raconte celle qui se montre enthousiaste à l'idée de voir son mari de 57 ans accepter un poste dans le domaine de la sécurité ou, encore, de l'administration.

Quant à Joël Simard, originaire de Jonquière, il vient de déménager en région et il occupe déjà un emploi comme électromécanicien. Mais il avait déjà envisagé une aventure professionnelle dans le nord du Québec. «Tant qu'à se dépayser», a-t-il toutefois laissé entendre.

Par contre, certains ont désenchanté devant les types de postes offerts, n'ayant pas les compétences nécessaires. Ou si l'opportunité semblait intéresser un jeune soudeur de 22 ans appelé à perdre sous peu son emploi, c'était loin d'être le cas de sa conjointe.

«Le massif de Koniambo est l'un des plus importants et des plus riches gisements de nickel inexploité dans le monde», a assuré la vice-présidente aux ressources humaines pour la société minière, Chantal Francoeur.

Le complexe en construction comprend une mine à ciel ouvert, une usine métallurgique, une centrale électrique et un port de mer.

«Au 16 juin, on avait 369 recrutés, soit 272 locaux et 97 expatriés, dont 36 du Canada», a indiqué la responsable du recrutement, Mireille Upigit.

Capacité de s'adapter, de transférer le savoir-faire et le savoir-être et de gérer la diversité: voilà autant de compétences jugées essentielles chez le candidat.

Finalement, en plus d'avoir décrit les grandes lignes du projet et les avantages reliés à l'emploi, le duo a montré une vidéo promotionnelle dans laquelle on y retrouvait, entre autres, le témoignage de l'ancienne journaliste de CHEM-TVA, Chantale Carignan. Et plusieurs ont réagi en voyant qu'il était possible de capter dans cet archipel de l'océan Pacifique Sud la diffusion des matchs de hockey...

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