«C'était important pour moi que le bureau régional de mise en marché soit à La Tuque. C'est ici que ça se passe, la foresterie», affirme la ministre québécoise de l'Emploi et de la Solidarité sociale et ministre responsable de la région de la Mauricie, Julie Boulet.
Le maire de La Tuque, Normand Beaudoin, était plus que ravi d'apprendre l'arrivée du bureau régional dans sa municipalité et la dizaine d'emplois qui l'accompagnent. «La Ville de La Tuque occupe pas moins de 75 % du territoire de la Mauricie et a beaucoup de ressources naturelles, dont la forêt. L'implantation du bureau régional à La Tuque est très judicieuse, car nous avons beaucoup d'entreprises forestières sur notre territoire. C'est une très bonne nouvelle», déclare le maire Beaudoin.
Un nouveau régime forestier québécois
L'annonce de la mise en oeuvre du nouveau régime forestier a été faite hier matin à Québec lors du Salon de la forêt 2011 par la ministre des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF) et ministre responsable du Plan Nord, Nathalie Normandeau. La création d'un marché d'enchère des bois au Québec représente selon elle, l'une des pierres d'assise de la réforme du régime forestier. Le Québec est la deuxième province canadienne, après la Colombie-Britannique, à instaurer un tel marché d'enchère des ressources forestières.
«Le marché libre des bois permettra à l'État de vendre la ressource à juste prix», soutient la ministre Normandeau. «Il s'agit d'une véritable révolution du mode d'attribution de l'une de nos plus importantes richesses collectives.»
Actuellement, toutes les entreprises ne peuvent avoir accès à la ressource ligneuse. Les contrats d'approvisionnement et d'aménagement forestier (CAAF) ne sont pas accessibles à tous. Plusieurs entreprises doivent se rabattre sur les forêts privées pour garantir leur approvisionnement.
Ce nouveau régime forestier met un terme à l'actuel modèle de CAAF jugé désuet par le MRNF. Le sous-ministre associé des Ressources naturelles et de la Faune, Richard Savard, justifie cela en soulignant que sur les 400 entreprises forestières de première transformation au Québec, seulement la moitié détiennent des CAAF.
«Le défunt ministre du MRNF, Claude Béchard, disait souvent qu'il n'avait pas de marge de manoeuvre», se rappelle-t-il. «Actuellement, lorsqu'une crise économique survient, la ressource dort entre les mains de 200 entreprises. Nous avons au ministère la visite de plusieurs entrepreneurs qui aimeraient développer des produits, mais ne peuvent le faire, car ils n'ont pas accès à la ressource.»
Désormais, Québec estime que de 20 à 25 % de la forêt publique fera l'objet d'enchère rendant accessible la ressource à davantage d'entreprises. «Toutes les entreprises auront maintenant accès à la ressource pour développer des projets de 2e et 3e transformation», précise Mme Boulet.
Un marché international
Cela dit, le marché des bois doit se conformer aux lois du libre-échange ainsi qu'à celles d'un libre marché. Des entreprises étrangères pourront acquérir des lots de coupes si elles s'engagent à transformer la ressource au Québec.
«Un marché des bois libre ouvre la porte à l'innovation et à l'excellence de nos entreprises. Il favorisera une récolte et une transformation plus optimale de notre ressource. Il contribuera également à l'évolution d'un secteur plus compétitif tourné vers la performance et les produits à valeur ajoutée», estime la ministre Boulet.
L'instauration de ce marché des bois devrait être complétée d'ici 2013, année de mise en oeuvre du nouveau régime forestier québécois. Déjà cet hiver, environ 200 000 m3 de bois seront mis aux enchères dans trois régions du Québec nouvellement constituées soit celles du Sud-Ouest (Outaouais), du Centre-Sud (Mauricie et Laurentides) et du Centre-Nord (Sagnuey-Lac-Saint-Jean). Par la suite, trois autres bureaux régionaux seront créés au Québec permettant la mise aux enchères de 800 000 m3 de bois.