Non pas que le marché de la vente de nouvelles résidences soit mal en point. Au contraire. L'Association provinciale de constructeurs d'habitation du Québec (APCHQ) prévoit d'excellentes statistiques pour 2010.
Sur le terrain, on affirme aussi que les résultats devraient être à la hauteur des attentes. Selon les évaluations fournies, plus de 900 unités devraient être mises en chantier.
Mais il n'en demeure pas moins que des questions se posent et sont de plus en plus persistantes. L'actuelle bataille des propriétaires aux prises avec le cauchemar de la pyrrhotite laisse des traces.
«On ne sait plus trop à qui se fier», admettent André Turcotte et Michele Savoie, un couple venu visiter l'une des maisons-modèles ouvertes à tous cette fin de semaine dans le grand Trois-Rivières, à l'initiative de l'APCHQ.
«On regarde le nom de l'entrepreneur. Quelqu'un qui est moins connu, c'est sûr, je lui ferais beaucoup moins confiance avec tout ce qui arrive», ajoute M. Turcotte.
Des normes pour tous
Dans l'industrie, on n'apprécie guère cet épisode qui «entache la réputation des entrepreneurs en construction», selon Brian Demontigny.
«On va avoir une bonne année. Il ne me reste que quelques maisons à vendre pour avoir une année complète. Mais les gens nous en parlent pas mal», dit le propriétaire du groupe Demontigny construction.
L'homme d'affaires est persuadé que le temps est venu d'établir des normes plus strictes. Et surtout, universelles. «Il n'y a pas de normes préétablies et applicables pour tout le monde. C'est plate pour ceux qui font tout comme il faut. On essaie de se battre pour ça, parce qu'il faut que l'industrie les applique», explique celui qui accueillait les futurs acquéreurs au cours du week-end.
Selon M. Demontigny, des programmes tels Novoclimat, supervisé par l'Agence de l'efficacité énergétique, devraient désormais être obligatoires.
«Ça fait quelques années que j'en parle. Mais avant ce qui s'est passé cette année, on dirait que les gens m'écoutaient moins», fait-il remarquer en esquissant un sourire.
La reprise est confirmée
Par ailleurs, il semble bien que la reprise économique soit bel et bien confirmée. Signe probant que la situation prend du mieux, les prix des demeures reprennent de la vigueur. C'est là un élément qui a fait sourciller quelques acheteurs intéressés cette fin de semaine.
Louise Lalande peut en témoigner. Elle cherche, aux côtés de son conjoint, un nouveau nid familial. Mais le coût d'acquisition a visiblement bondi, selon sa perception du marché. «J'ai confiance et (la crise de la pyrrhotite), ce n'est pas un frein pour moi. Mais les prix! C'est sûr que tout augmente, mais je peux vous dire qu'ils ne sont pas très bas», observe-t-elle.
André Turcotte était pleinement d'accord avec cette affirmation. «Où je travaille, on n'a pas trop vu ça, la récession. Mais là, on le voit (que ça reprend), les prix des maisons augmentent beaucoup», confirme-t-il.