Les employés souriants étaient peu nombreux, et ce, malgré que le congé pascal approchait à grands pas. Plusieurs d'entre eux préféraient d'ailleurs garder leurs états d'âme pour eux et ont ainsi refusé de répondre aux questions des journalistes qui les attendaient à la sortie de l'usine.
Plus bavard que la majorité de ses collègues, Michel Manseau a quant à lui qualifié de sauvage l'annonce faite par l'employeur quelques heures plus tôt.
«Ils n'ont même pas voulu négocier. Ils n'ont rien voulu faire. Ils nous envoient ça sans regarder la recommandation de la médiatrice. C'est du chantage pur et simple», a mentionné le travailleur qui oeuvre au complexe industriel de Bécancour depuis près de 19 ans.
James Malloney, qui compte également plusieurs années d'ancienneté, déplore de son côté que la direction de l'usine n'ait pas accepté la recommandation que la médiatrice a déposée la semaine dernière. Ne croyant pas que les coupes qui pourraient être effectuées le touchent personnellement, il se dit cependant ouvert à venir en aide à ceux qui pourraient être mis à pied.
«Je serais prêt à donner de façon volontaire à ceux qui pourraient être touchés, mais pas question d'accepter des baisses de salaire et surtout pas de cette façon», a lancé celui qui travaille à l'A.B.I. depuis son ouverture en 1986.
Dans l'éventualité où le syndicat et la partie patronale ne s'entendent pas sur un plan de réorganisation du travail d'ici le 30 avril, ce seront normalement les derniers travailleurs embauchés qui écoperont. L'un d'eux, Jean-Daniel Levasseur, espère donc que le scénario évoqué hier ne se réalise pas.
«Ça me toucherait c'est sûr. J'espère que le plan présenté sera adopté», a-t-il affirmé.
Bien que l'annonce ne les touche pas directement, les employés cadres ont également été ébranlés. Yves Poulin a notamment confié être sous le choc.
«C'est le marché mondial qui est comme ça. Je ne suis pas au courant des discussions, mais je peux dire que l'on essaie de faire notre travail et de faire fonctionner l'usine au meilleur coût possible», a-t-il laissé tomber.