Les opposants au gaz de schiste crient au conflit d'intérêts

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Bécancour) Selon les opposants au gaz de schiste, l'aviseur légal de la Ville de Bécancour, Me Marc Roberge, est en conflit d'intérêts quand il questionne la légalité du fameux règlement soumis par le docteur en droit, Richard Langelier, qui vise à protéger les points d'approvisionnement en eau potable.

«Cette contestation ne serait-elle pas motivée par ses implications dans plusieurs organismes à caractère socio-économique plutôt que par la défense de l'intérêt supérieur des citoyens de protéger leur eau potable?», ont soulevé des membres du comité de vigilance de la MRC de Bécancour. Selon Serge Fortier, de Sainte-Marie-de-Blandford, Ginette Gauthier, de Saint-Sylvère et Bob Lemay, de Saint-Pierre-les-Becquets, les citoyens sont en droit de se questionner.

«Est-ce que la position de la Chambre de commerce du Centre-du-Québec, dont fait partie Me Roberge, laquelle est favorable au développement du gaz de schiste, tout comme les nombreuses rencontres depuis 2010 avec les compagnies gazières, dont Talisman Energy, ne viendraient pas le positionner en conflit d'intérêts dans ce dossier?», soutiennent-ils dans un communiqué.

Pourtant, plusieurs municipalités ont déjà adopté le règlement de Saint-Bonaventure qui vise à protéger les points d'approvisionnement en eau potable face à toute personne désirant introduire dans le sol par forage ou autrement une substance ou procédé susceptible d'altérer la qualité de l'eau souterraine.

Pour Me Roberge, cette réglementation vise particulièrement l'exploitation des gaz de schiste, ce que nie son auteur, Richard Langelier. Ce qui fait dire au comité de vigilance que les prétentions de Me Roberge relèvent davantage d'un avis personnel partisan que d'un avis juridique.

Et quant à la prépondérance de la Loi sur les mines sur la réglementation d'urbanisme évoquée par l'avocat de la Ville, Richard Langelier réfute cet argument.

«Mais au-delà des débats que les juristes peuvent entretenir entre eux sur ces questions, il importe de rappeler qu'il vaut mieux agir et possiblement se tromper que de laisser faire et obliger les citoyens à supporter les conséquences extrêmement négatives résultant de l'inaction et des atermoiements des personnes qui auraient pu éviter ces catastrophes», suggère le comité.

Un plaidoyer qui fut repris par plusieurs citoyens lors de la dernière séance publique du conseil municipal de Bécancour. Entre autres, pour Suzanne Milette, qui vit de près les désagréments de l'industrie gazière, le recours aux services de Me Roberge est «un mauvais choix, n'étant pas impartial».

«L'idée n'est pas de contrer un avis positif. Mais un tel règlement peut-il s'appliquer? Ce serait excessivement difficile. Il faut avoir des droits pour faire quelque chose», a conclu le conseiller municipal, Guy Richard.

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