«La priorité, c'est l'eau. Et les compagnies doivent comprendre que quand elles vont attaquer une municipalité, elles vont en attaquer cinquante», a lancé le maire de Saint-Eugène, Gilles Watier, lors de cette réunion organisée par la MRC de Bécancour en présence de plusieurs élus.
À l'instar d'une vingtaine d'autres, dont celle de Sainte-Sophie-de-Lévrard, sa municipalité a adopté le règlement de Saint-Bonaventure qui vise à protéger les points d'approvisionnement en eau potable face à toute personne désirant introduire dans le sol par forage ou autrement une substance ou procédé susceptible d'altérer la qualité de l'eau souterraine.
D'ailleurs, l'un des auteurs qui animaient la soirée, Richard Langelier, avait déjà précisé au Nouvelliste qu'il ne s'agissait pas d'un règlement contre les gaz de schiste, mais pour la protection de l'eau et qu'il était solide, s'appuyant entre autres sur les compétences municipales.»C'est un travail qui devrait être fait par le gouvernement. Il faut prendre l'initiative. Je n'ai aucune crainte d'avoir de l'opposition de la part de mes citoyens», a ajouté le maire Watier, chaudement applaudi.
Car outre les difficultés d'application, plusieurs de ses homologues ont dit appréhender une contestation du règlement avec tous les frais juridiques que cela représenterait pour des petites municipalités. D'où la proposition d'un regroupement des municipalités réglementées et la mise sur pied d'un fonds de défense du genre un dollar par citoyen.
Alors que la Ville de Bécancour dit s'appuyer sur des avis juridiques pour ne pas adopter le fameux règlement, le conseiller municipal, Karl Grondin, s'est fait lancer le défi d'en produire les documents. Et des citoyens se sont promis d'être présents à la prochaine séance du conseil municipal pour faire le suivi.
Finalement, M. Grondin a tenté de se faire rassurant en annonçant une «grosse étude» d'un million de dollars sur les nappes phréatiques qui serait menée dans le cadre de l'Évaluation environnementale stratégique sur les gaz de schiste.