Gaz de schiste: Cascades change son fusil d'épaule

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Le géant Cascades, dont le siège social est situé à Kingsey Falls, vient de changer son fusil d'épaule dans le dossier des gaz de schiste.

Paule Vermot-Desroches

Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste

Le géant Cascades, dont le siège social est situé à Kingsey Falls, vient de changer son fusil d'épaule dans le dossier des gaz de schiste et, à la demande du Comité de vigilance gaz de schiste de Saint-Sylvère, a donné son appui à la campagne anti gaz de schiste «Vous n'entrerez pas chez nous».

C'est que l'entreprise possède des terrains du côté de Saint-Sylvère, terrains qui ont été convoités par le passé par la compagnie Talisman, qui aurait bien aimé pouvoir obtenir une entente pour y faire de l'exploration, explique Hubert Bolduc, vice-président aux communications de Cascades.

«Ce sont les citoyens qui forment le comité de mobilisation du côté de Saint-Sylvère qui sont venus nous voir, en nous disant que compte tenu de l'importance que notre entreprise accorde à la protection de l'environnement, nous devrions signer la pétition. Nous avons non seulement signé, mais aussi nous avons fait parvenir une lettre au comité, qui a été rendue publique depuis, et dans laquelle nous indiquons que nous refuserons l'accès de nos terrains aux gazière tant qu'on ne connaîtra pas les recommandations de l'Évaluation environnementale stratégique. Ces recommandations, par ailleurs, devront satisfaire les critères élevés de Cascades sur les plans environnemental, social et économique», explique M. Bolduc.

Cascades, qui possède des parts dans l'entreprise Junex, estime que l'avancement des connaissances sur les gaz de schiste n'était pas le même qu'au moment où la haute direction de l'entreprise a choisi d'encourager la gazière.

Les frères Lemaire, les propriétaires de Cascades, entretiennent toujours une très grande relation d'amitié avec Jacques Aubert, vice-président du conseil d'administration de Junex et ancien vice-président juridique de Cascades.

«Par amitié, lors du développement de l'entreprise, les frères Lemaire ont accepté de donner un coup de main à M. Aubert. Par ailleurs, nous étions aussi à nous questionner sur notre source d'approvisionnement en énergie, et nous voulions changer l'huile pour le gaz naturel. Cascades a toujours été en faveur d'encourager l'achat local, et nous avons donc voulu encourager une entreprise du Québec. Maintenant, le contexte est différent et la connaissance face à l'exploitation n'est plus la même, et nous ne nous prononcerons pas en faveur d'une exploitation précipitée des gaz de schiste si ça ne rencontre pas nos standards sur le plan de l'impact sur la communauté, l'environnement et l'économie», ajoute Hubert Bolduc.

Comités de citoyens

Appelé à réagir à cette nouvelle position de Cascades, le porte-parole du regroupement des comités de vigilance, Serge Fortier, s'est dit heureux de cette nouvelle, mais ajoute que l'entreprise n'avait pas vraiment le choix.

Par ailleurs, il aurait souhaité que la nouvelle, sortie dans différents médias plus tôt cette semaine, ait reflété que c'est à la suite de démarches acharnées des comités de citoyens que l'entreprise a adopté cette position.

«Ils se sont retrouvés avec une patate chaude entre les mains, parce qu'en raison de toutes nos démarches depuis les derniers mois, le dossier a drôlement changé d'air. C'est grâce aux citoyens si on sait tout ce qu'on sait aujourd'hui sur les impacts réels de l'industrie», croit Serge Fortier.

Par ailleurs, M. Fortier estime que tant que Cascades possédera une participation dans Junex, son engagement ne demeurera que symbolique.

«Ça nous montre qu'ils ne sont pas si convaincus que ça que le gaz de schiste est une mauvaise affaire. Ils ont fait un pas, mais ce n'est pas un si grand pas sur le plan de l'éthique face aux impacts environnementaux qui sont prouvés. Une résolution, c'est symbolique et ça peut être retiré n'importe quand. Par contre, s'ils retiraient leurs billes de Junex, ce serait autre chose, ce serait un réel pas en avant», croit-il.

Au cours des prochains jours, le regroupement de citoyens devrait demander une rencontre avec Cascades, et souhaiterait aussi que cet engagement pris pour les terres de Saint-Sylvère s'applique à tous les terrains que pourrait posséder la compagnie.

«Ils sont implantés à Kingsey Falls, j'imagine donc qu'ils doivent aussi posséder des terrains là-bas. S'ils veulent être cohérents, ils devraient refuser partout l'accès de leurs terres à l'industrie», ajoute Serge Fortier.

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