Éric Veilleux a fait taire les critiques

Éric Veilleux peut légitimement savourer chaque moment de... (Photo: Sylvain Mayer)

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Éric Veilleux peut légitimement savourer chaque moment de cette conquête de la Coupe Memorial puisqu'il a réussi à soutirer de chacun de ses joueurs le maximum qu'il pouvait lui donner.

Photo: Sylvain Mayer

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Louis Ménard
Louis Ménard
Le Nouvelliste

Personne n'aime admettre qu'il s'est trompé. Pas plus vous que moi. Et surtout pas publiquement!

Aujourd'hui, je dois toutefois me rendre à l'évidence que j'ai erré il y a un mois.

Je n'avais pas la foi, loin s'en faut. Les résultats en dents de scie de la saison régulière, malgré une deuxième place au classement général, m'avaient laissé sous l'impression qu'on avait affaire à un groupe mal soudé, une bande dépareillée et mal encadrée qui n'arrivait pas à trouver la motivation soir après soir pour jouer le rôle qu'on lui avait destiné.

Oui, elle était composée d'un certain nombre d'individualités talentueuses, de quelques joueurs d'énergie capable d'allumer les autres, et de deux gardiens parmi les meilleurs du circuit Courteau.

Sauf que la sauce ne prenait pas.

Pour servir un électrochoc aux futurs hôtes de la Coupe Memorial, j'estimais qu'un changement d'entraîneur était nécessaire, voire impératif. À mes yeux, l'élimination hâtive au deuxième tour aux dépens des Saguenéens de Chicoutimi justifiait amplement cette solution radicale.

Aujourd'hui, force m'est d'admettre que j'avais tort. Ce qu'a réalisé Éric Veilleux au cours des trois dernières semaines est tout simplement phénoménal et il mérite bien que ce soit souligné avec autant d'emphase qu'au moment où son départ était exigé.

Après s'être lui-même remis de cette immense déception, il a dû ramasser ses joueurs à la petite cuillère à la suite de l'élimination surprise face aux Saguenéens. Les attentes étaient tellement élevées qu'il ne pouvait en être autrement.

Il a aussi dû faire face à la grogne des amateurs qui ne lui pardonnaient pas cet énième faux pas des Cataractes, cette organisation d' «underachievers» ayant, jusqu'à dimanche, constamment raté ses grands rendez-vous. Avant dimanche, Veilleux lui-même n'avait toujours pas réussi à démontrer qu'il pouvait mener ce club là où il n'était encore jamais allé. Des revers contre Drummondville en finale en 2009, puis contre Québec la saison dernière et Chicoutimi cette année laissaient bien peu d'espoirs d'atteindre un jour le nirvana du hockey junior.

Plutôt que de s'apitoyer sur son sort, Veilleux s'est retroussé les manches pour concocter, avec les autres membres du personnel hockey des Cataractes, un plan de match devant rallier tout le monde. Et sa plus grande réussite, elle est là. Il a réussi à vendre son plan à ceux qui devaient se sacrifier, se jeter devant les rondelles, accepter les mises en échec le long des bandes sans répliquer, etc. Bref, à jouer pour le logo devant le chandail plutôt que le nom à l'arrière.

Ce n'était pas évident parce que ce plan impliquait une remise en forme quasi spartiate. Les premiers entraînements ont été éreintants... et le mot ne rend pas vraiment justice au calvaire que les joueurs ont dû endurer!

Malgré tous ces efforts, combien de gens auraient parié sur les chances des Cataractes à l'amorce de cette séquence de trois matchs en quatre soirs si on exclut les irréductibles, ceux qui, peu importe les circonstances, se rangeront toujours derrière leur équipe? Pas beaucoup, en effet. D'ailleurs, je ne m'explique toujours pas ce gênant revers contre St.John mercredi dernier alors qu'un accès direct à la finale était en jeu.

Les détracteurs d'Éric Veilleux avanceront qu'il a eu besoin de l'aide de son mentor pour soutirer le meilleur de ses joueurs et que ça prouve qu'il n'a pas ce qu'il faut pour accéder au prochain niveau. À ceux-là, je répondrai que loin d'être un défaut, c'est plutôt une qualité que de savoir bien s'entourer, d'avoir les bonnes personnes autour de soi pour s'assurer que rien n'est laissé au hasard. L'expérience de Bob Hartley a certainement été un facteur dans le redressement effectué par les Cataractes au cours du dernier mois et c'est tout à l'honneur d'Éric Veilleux d'avoir fait appel à ses services. Lui aussi a fait passer les succès de l'équipe avant sa petite gloire personnelle. Aujourd'hui, il est à la base d'un des plus grands revirements de situation de l'histoire du hockey junior canadien.

Les joueurs des Cataractes seront les premiers à reconnaître les mérites de l'un et de l'autre. Aujourd'hui, ils constatent qu'ils n'ont pas souffert pour rien.

Aujourd'hui, et pour le restant de leur vie, ils font partie de la catégorie des champions, cette race qui ne compte pas beaucoup d'élus.

Chaque fois qu'ils regarderont leur bague de la Coupe Memorial, une photo d'équipe de l'édition 2012 des Cataractes ou une séquence vidéo de cette mémorable saison, ils auront une bonne pensée pour celui qui leur a permis d'atteindre ce sommet mythique, cette conquête du trophée sinon le plus difficile, certainement parmi les plus ardus à gagner.

Éric Veilleux peut dire mission accomplie. Et savourer avec un malin plaisir cette réussite que tant de détracteurs, parmi lesquels j'étais, ne lui concédaient pas.

Restera? Partira? Veilleux est probablement le seul à le savoir présentement. Tout ce qu'on peut lui souhaiter, c'est qu'il obtienne éventuellement la chance de démontrer à un niveau plus élevé qu'il a ce qu'il faut pour atteindre de nouveau les plus hauts sommets.

Chapeau Monsieur Veilleux!

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