Pour les jumeaux, il s'agit d'un privilège de pouvoir se retrouver dans la même équipe, sur le même trio - complété par Austin Watson - dans la Ligue de hockey de l'Ontario. Toutefois, passer pratiquement 356 jours par année côte à côte peut parfois devenir éreintant et ils en sont bien conscients.
«On est parfois tannés de se voir à chaque jour, surtout qu'on est cochambreurs sur la route. C'est poche d'être à ses côtés, mais quand on met ça de côté, on aime bien jouer ensemble quand même», rigole Ryan, qui porte le 64 avec les champions de la OHL.
Véritables boute-en-train, les deux Rupert ontariens n'hésitent pas à se tirer la pipe devant les médias. Les échanges verbaux s'amorcent d'ailleurs dès qu'on leur demande de comparer leurs habiletés sur la patinoire. S'ils reconnaissent être des agitateurs de premier ordre dans la Ligue de l'Ontario, ils ne s'entendent pas sur lequel possède la meilleure touche autour du filet. Pendant que Matt a amassé 35 points en 48 matchs, Ryan a cumulé une fiche de 48 points en 63 rencontres. Difficile donc de départager un vainqueur.
«Je pense que je suis meilleur à tous les niveaux, car c'est comme ça que je suis», tranche Ryan avant que son frère réplique immédiatement.
«Je crois qu'il a la tête enflée, car c'est clair que je suis meilleur que lui!», souligne Matt, en ajoutant qu'ils allaient «régler ça dans l'autobus» qui les ramènera à leur hôtel de Trois-Rivières.
Quant à leur style de jeu robuste, qui consiste notamment à jouer avec les nerfs de l'adversaire tout en essayant de demeurer dans les limites de la légalité, les jumeaux indiquent uniquement connaître cette façon de jouer. «On a joué de la sorte toute notre vie en accumulant les points et les minutes de pénalité. On aime bien avoir le rôle d'agitateur.»
Locataires chez Hunter
Avec Dale Hunter qui a amorcé la saison derrière le banc des Knights et qui est aussi propriétaire des champions de l'Ontario, les frères Rupert misent sur un professeur hors pair pour apprendre à déranger l'adversaire. D'ailleurs, c'est chez l'ancienne peste des Nordiques et des Capitals que logent les jumeaux. «Il a été un grand mentor pour nous. On a vu plusieurs vidéos de lui sur Youtube pour regarder son style de jeu. On joue pas mal de la même façon», metionne Matt.
Tout comme Hunter le faisait à l'occasion, les Rupert ont parfois tendance à se laisser emporter par les émotions. On se souvient de la suspension de 21 matchs à Hunter après qu'il eut sournoisement frappé Pierre Turgeon qui venait d'envoyer les Capitals en vacances au printemps de 1993.
Cette saison dans la Ligue de l'Ontario, Ryan Rupert a été suspendu pour cinq rencontres pour avoir asséné un coup de bâton d'une rare violence à Nick Cousins, des Greyhounds de Sault Ste. Marie, après qu'il eut marqué dans un filet désert, en novembre. En plus de son coup de bâton, le 64 des Knights s'était rué sur son rival qu'il avait matraqué de coups de poings.
Vers le repêchage
Âgés de 17 ans, Matt et Ryan pourraient bien être séparés pour la première fois de leur carrière, cet été à l'occasion du repêchage de la Ligue nationale de hockey. Évidemment, ils aimeraient bien avoir la même chance que les frères Daniel et Henrik Sedin et faire partie de la même organisation.
«Ce serait bien d'être avec la même équipe, mais ce n'est pas une nécessité. Peu importe où nous allons nous retrouver, on va être contents. On se fait comparer aux Sedin, mais seulement parce qu'on est jumeaux, pas pour la ressemblance dans nos styles de jeu. Ils utilisent davantage la finesse que nous», sourit Ryan. Pour atteindre la LNH, il sera important pour eux de conserver le même style de jeu. «On n'a pas un physique imposant alors on doit adopter le rôle de plombier si on veut atteindre le prochain niveau», croit Matt.